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Universités britanniques : les étudiants veulent des résultats !

Par Christine Vaufrey B , le 01 juin 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 15 décembre 2011

La Grande-Bretagne s’est engagée dans une démarche participative de grande ampleur, qui vise à mieux faire entendre la voix des citoyens dans les processus décisionnaires qui les concernent.

Nous avons aujourd’hui un nouvel exemple de cette démarche, avec la publication des résultats d’une consultation réalisée auprès de 5 assemblées étudiantes sur leur expérience universitaire. Cette consultation a été organisée par le ministère de l’enseignement supérieur britannique, entre décembre 2007 et février 2008. Les résultats intéressent en premier lieu les services administrant les universités britanniques, mais aussi celles des autres pays, notamment en Europe, car les étudiants qui effectuent leur cursus universitaire en Grande-Bretagne soulèvent des problèmes actuellement cruciaux dans un grand nombre d’universités de par le monde.

Une logique de retour sur investissement

Il apparaît nettement que les étudiants attendent un « retour sur investissement » plus élevé de leurs études supérieures. On ne s’en étonnera pas, dans la mesure où le financement des études supérieures constitue une problématique majeure en Grande-Bretagne. Les étudiants souhaitent bénéficier d’un accompagnement accru dans leur recherche de financement, d’autant plus qu’il leur faut souvent poursuivre jusqu’au niveau du Master pour espérer être compétitifs sur le marché du travail.

Fort logiquement, les étudiants souhaitent également être mieux conseillés dans leurs choix d’orientation, de manière à ne pas perdre du temps dans des filières qui n’assurent qu’une faible employabilité. Dans le même esprit, les étudiants interrogent les contenus d’enseignement, et demandent une clarification des procédures d’évaluation de ces contenus.

Tous ces éléments contribuent à brosser un portrait peu flatteur de l’étudiant britannique : consommateur d’enseignements « vendables », exigeant quant à la gestion des fonds des universités, réclamant des services « clés en main » qui lui épargneront une réflexion personnelle sur ses choix d’études

Mais on peut aussi considérer cette attitude comme la juste contrepartie d’une monétisation accrue du secteur de l’enseignement. Les universités qui se livrent une concurrence acharnée pour accueillir les meilleurs étudiants y trouveront de nombreuses sources d’inspiration.

L’étudiant au centre des attentions

Il faut se garder pourtant de réduire les étudiants britanniques, ou effectuant leurs études en Grande-Bretagne, à des consommateurs de savoirs froids et calculateurs. La synthèse des consultations montre aussi qu’ils demandent à être mieux accompagnés, à ce que se développe la pratique du tutorat et à ce que les centres ressources soient plus accessibles et mieux équipés. Ce qui témoigne de l’importance extrême qu’ils accordent à leurs études, et de la reconnaissance de leurs limites personnelles. C’est bien la dimension éducative, au sens large, de l’enseignement supérieur qui apparaît comme cruciale ici.

Nul ne peut dire, actuellement, ce que le ministère de l’enseignement supérieur tirera de cette consultation. Mais la démarche, en elle-même, est à saluer. Les étudiants ont, en effet, peu d’occasions de faire entendre leur voix, en dehors des instances administratives où ils détiennent un pouvoir limité et des manifestations de rue qui les mettent périodiquement à la une de l’actualité.

Rapports en anglais des recommandations produites par les 5 assemblées étudiantes

Synthèse en français des conclusions générales issues de cette consultation : Verdict des étudiants (ou quand la culture du résultat devient commune)

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