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Les sites de travail collaboratif et le rêve éducatif***

Par Denys Lamontagne , le 05 mai 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 26 septembre 2008

Nous avons testé tous ces sites de travail collaboratif :

Et aussi la plupart des sites de partage de signets, de photos, de vidéos, de mashup, les wikis, les blogues et on en oublie.

Les possibilités de collaboration sont nombreuses, on y trouve de quoi révolutionner les pratiques d’à peu près tous les milieux où des gens travaillent ensemble.

Des services comme Wisiq, Erudix ou StudyWizSpark sont destinés précisément aux usages académiques ou scolaires.

L’adoption par les milieux d’affaires est manifeste, mais celle des milieux scolaires ne vient pas. Les écoles continuent d’enseigner comme avant ou presque. Les étudiants s’organisent parfois à l’extérieur de l’école, mais l’école n’y est pour rien.

Que manque-t-il ?

De notre expérience à Thot, nous avons constaté que la complexité et la difficulté d’organisation et d’intégration de ces outils dans la diversité des pratiques d’un grand nombre de personnes sont très importantes et ne valent pas le coût pour des activités mineures, ponctuelles ou marginales; ce qui est le cas de travaux scolaires et d’un apprentissage éclaté en plusieurs cours et avec plusieurs professeurs et animateurs.

On réussira à intégrer un environnement numérique de travail à l’échelle d’une institution, mais il sera difficile pour des individus de collaborer étroitement dans plusieurs projets à chaque fois avec des groupes différents à moins. que le travail d’organisation et d’animation de ces groupes soit facilité, encouragé et assuré.

Assurer le travail d’organisation

  • Une connaissance pratique de ces technologies

    Des personnes qui connaissent et qui utilisent ces outils dans leur activités journalières sont essentielles, à la fois pour en connaître les modalités et les limites d’utilisation et aussi pour pouvoir les communiquer.

  • Des objets de pratique d’envergure, des raisons de les utiliser, des choses à faire avec.

    Une liste de ressources communes; des travaux à réaliser; des informations à diffuser; des sondages à réaliser; une liste de résultats à tenir à jour; des documents à rendre disponible, en fait un certain nombre de pratiques communes avec des résultats attendus sont nécessaires.

    De petits projets sont peut-être plus faciles à organiser, mais les gains à utiliser ces outils ne sont possibles que sur des projets suffisamment importants car l’effort d’organisation et d’intégration à ces outils ne se justifie pas par rapport aux anciennes façons de faire pour de petits projets.

  • Un animateur

    Sans animateur, l’usage d’aucun de ces outils ne se maintient très longtemps. La fréquence de l’usage dépend de l’utilité et de la pression. Au départ, la pression est négative; on préfère nos anciennes pratiques et l’attrait de la nouveauté tombe à la première difficulté. Aussi l’animateur assure-t-il «l’utilité» en proposant des actions à faire et maintient la pression par la communication régulière, le rappel des échéances et l’enrichissement des contenus.

    Ceci demande du travail; il va de soi qu’une politique de rémunération ou d’affectation du temps pour l’animation est souhaitable sinon essentielle. Le bénévolat ne dure qu’un temps.

  • Un seuil d’entrée bas

    Spécialement dans la phase de démarrage, le seul fait d’avoir des listes de courriel prêtes, avec les noms et les profils déjà complétés facilitera de beaucoup les réglages de base du groupe appelé à collaborer. Réduire la hauteur du seuil d’entrée fait partie des conditions essentielles pour avoir des groupes restreints actifs et des animateurs. Ce qui n’est pas acquis; il s’agit d’un problème sur lequel plusieurs groupes (Google, Yahoo, des entreprises de sécurité et le mouvement Open Source) travaillent.

Des gains à obtenir encore virtuels en éducation

L’administration scolaire bénéficie de l’informatisation; mais au niveau éducatif, la collaboration d’individus qui se voient et se fréquentent dans une école a apparemment peu à gagner de la collaboration virtuelle : on collabore aussi bien en face à face pour les petits groupes, avec des agendas et un tableau d’affichage.

Pour les grands projets, c’est autre chose; l’apprentissage de la gestion des grands projets est une discipline en soi et on doute que ce soit une priorité d’enseignement.

Faciliter la gestion de projets est justement un des objectifs principaux de ces outils de collaboration. Sans projets d’envergure, on voit mal l’intérêt de leur intégration dans les écoles. On peut espérer encore longtemps avant de voir leur adoption dans les écoles; il y a bien des choses à apprendre avant de collaborer effectivement et pertinemment à l’aide de ces outils.

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