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Ressources pédagogiques : des livres, et un tout petit peu plus***

Par Christine Vaufrey B , le 11 juin 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Les habitudes ont la vie dure, en éducation comme dans d‘autres domaines, en Amérique du Nord comme ailleurs. Et les ressources numériques ne sont pas prêtes à détrôner le sacro-saint manuel scolaire papier dans les écoles primaires du Québec. Normal, tant ce dernier est adapté au mode transmissif d’enseignement et à l’encadrement des activités des élèves, qui emportent encore l’adhésion d’une majorité d’enseignants.

François Larose, Professeur en Sciences de l’Education à l’Université de Sherbrooke, a remis en mars 2008 à la Direction des ressources didactiques du MELS un rapport consacré à l’

Étude des motifs d’utilisation et des profils d’adoption de matériel scolaire (didactique) informatisé (MDI) par des enseignantes et enseignants du primaire au Québec

. Cette étude a été menée au travers de l’observation de 13 enseignants dans leur classe. On en retiendra les conclusions suivantes :

Il apparaît que les ressources numériques sont utilisées parmi d’autres, en complément du cours principal, par exemple pour chercher de l’information à jour ou effectuer un exercice de maths sur tableur. L’utilisation d’un ordinateur et d’Internet permet aux élèves les plus à l’aise d’approfondir un sujet, et aux élèves en difficulté de raviver leur motivation.

C’est toujours l’enseignant qui décide du moment et du type d’utilisation des ressources numériques et outils informatiques. La majorité des séquences « informatiques » s’effectuent dans une salle dédiée, sur une plage horaire spécifique. Ce qui en contraint évidemment la fréquence. F. Larose souligne que les enseignants

« tardent à suggérer un usage autonome ou à laisser sélectionner librement le matériel par leurs élèves (). Dans ce contexte, il devient difficile de croire que les élèves soient véritablement maîtres d’oeuvre du recours aux technologies dans leurs apprentissages et qu’ils développeront une certaine autonomie leur permettant d’identifier et de sélectionner les bons matériaux si on ne leur laisse pas l’espace nécessaire pour le faire ».

Les enseignants se plaignent du nombre réduit de ressources pédagogiques adaptées aux élèves, et conformes à ce qu’ils attendent d’un manuel scolaire ou d’un livret d’exercices. Le travail sur contenus « réels » (non spécifiquement adaptés à l’usage en classe) reste peu important.

F. Larose conclut son rapport en rappelant un point capital, déjà relevé dans différents travaux de recherche : les ressources numériques s’intègrent mal dans les pratiques majoritaires d’enseignement, qui privilégient encore le cours magistral transmissif et l’encadrement strict des activités menées par les élèves. Il faudra donc attendre ou mieux, susciter un changement radical de relation entre l’enseignant et sa fonction d’une part, l’enseignant et le savoir d’autre part, pour voir les TIC devenir de véritables vecteurs d’apprentissage autonome en classe.

Étude des motifs d’utilisation et des profils d’adoption de matériel scolaire informatisé (MDI) par des enseignantes et enseignants du primaire au Québec. Rapport de recherche (183 pages) et résumé administratif (38 pages), téléchargeables en pdf.

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