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Voir trop grand en Algérie ? Les limites de la formation face aux attentes

Par Denys Lamontagne , le 26 mars 2007 | Dernière mise à jour de l'article le 05 novembre 2008

En juillet 2005, nous faisions état de l’ambitieux programme de formation à distance et de qualification de plus de 200 000 enseignants algériens. (Voir L’Algérie fait le pari de la formation à distance pour ses professeurs)

Il semble que le programme connaisse certaines difficultés : Les PEF (Professeurs d’enseignement fondamental) boycottent les examens

«Les professeurs d’enseignement primaire devant passer les examens du premier semestre au lycée des frères Draoui ont décidé, hier, de boycotter ces examens. En effet, 260 enseignants ont refusé de rejoindre les classes. Seule une dizaine était encore en train d’examiner lors de notre passage.

Les autres ont tenu une AG (Assemblée générale) extraordinaire au cours de laquelle un porte-parole nous a expliqué que ce n’est pas la formation en elle-même qui est récusée mais la manière dont elle s’est déroulée. Censée se dérouler à distance, cette formation ne donne aux pères et aux mères de famille aucun répit.

Les enseignants demandent à ce que la formation soit adaptée à leurs différentes responsabilités familiales et sociales. Le volume horaire et le contenu (huit modules universitaires) ne permet pas de mener en parallèle une vie professionnelle et familiale avec les contraintes d’une vie universitaire.

De plus, la compétence de certains enseignants de l’université de la formation continue est remise en cause.

À Boudouaou, d’autres PEF ont observé la même attitude. Il est à rappeler que la Direction de l’éducation a initié deux types de formation, l’une avec l’UFC, l’autre sous son égide, et dans les deux cas, le mécontentement était général.»

Trouver l’équilibre entre les programmes ambitieux du gouvernement, les attentes nombreuses des administrateurs et les espoirs canalisés de la population ne s’obtient que par l’expérience. Des ajustements sont nécessaires, mais pas n’importe lesquels ni à n’importe quel prix.

Ceci à mettre en parallèlle avec la culture de l’apparence (diplômes sans valeur accordés à tout vent par des personnes non qualifiées) qui était à l’origine même de ce programme de formation.

«Un de nos amis surveillants rapporte que même à ce niveau, on triche. Alors, si dans l’administration, on triche ; dans le milieu éducatif, on triche ; dans la réalisation des projets, on triche ; ceux qui sont censés contrôler la conformité de l’ouvrage au cahier des charges, trichent ; à la veille des campagnes électorales, on triche ; lors des examens, on triche la grande tricherie du siècle Khalifa Bank en est le parfait exemple quelle culture de l’honnêteté pourra-t-on enseigner aux jeunes générations ?» La chronique de Chérif Abdedaïm «Silence, on triche !»)

La bonne question est posée.

Le seul fait de reconnaître un problème et de tenter de le régler rend manifeste l’ensemble des autres qui y sont rattachés. Ce n’est certainement pas le moment de baisser les bras, au contraire, celui de réaffirmer l’objectif, de raffermir l’éthique des personnes impliquées, d’y investir les ressources nécessaires et surtout de confirmer à leurs postes et responsabilités les personnes qui ont les meilleurs résultats concrets sans tricher.

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