Articles

Réviser pendant les vacances : c'est moins dur en jouant

Par Alexandre Roberge , le 21 mai 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 31 juillet 2011

Avec le beau temps, la plupart des élèves se mettent à rêver de vacances d'été. Certains vont à la mer, d'autres à la montagne, certains pratiquent des sports et d'autres se laissent aller à un peu de farniente. Et pour une part non négligeable des jeunes Américains, l'été se compose de travaux d'anglais, de mathématiques et de sciences. Les cours d'été qui connaissent un grand succès outre-Atlantique se déplacent même dans l'espace numérique.

Ce qui semble être un programme estival austère intéresse grandement les enfants qui pourront consolider les acquis de leur année scolaire. Comment expliquer un tel enthousiasme ?

L'exemple Grockit : l'attrait de l'école par l'interaction sociale

Grockit réussit à persuader plusieurs milliers d'étudiants de réviser leurs matières et de faire des tests. Comment ? En utilisant une formule similaire à un site Internet fort populaire chez les jeunes élèves: Facebook.

Toute l'utilisation de Grockit tourne autour de la compétition et la collaboration entre les enfants. Comme le souligne cet article du eSchool News présentant ce site, on réussit non seulement à intégrer le principe du média social mais aussi celui du jeu puisque les succès (achievements) obtenus par les participants apparaissent sur leur page publique de profil, ce qui peut stimuler les autres participants à obtenir d'aussi bonnes performances. Mais le système n'est pas uniquement compétitif : la collaboration y est vivement encouragée, via un système de récompenses encourageant l'entr'aide entre pairs.

Les écoles elles-mêmes commencent à créer leurs propres plateformes. C'est le cas de la Florida Virtual School, qui propose désormais un espace de consolidation dédié à l'algèbre.

Le site Grockit encourage fortement parents et enfants à s'intéresser à cette "Académie d'Été" afin de continuer d'apprendre même pendant les vacances scolaires. Selon son président-fondateur, Farb Nivi, 20 à 25 % des acquis de la dernière année scolaire seront oubliés par les élèves durant la période estivale. Ce qui ouvre évidemment des perspectives de marché tout à fait intéressantes.

L'expérience complète de Grockit est payante, mais le site offre un abonnement gratuit qui comprend la participation au réseau social et aux groupes d'études de façon illimitée.

La guerre des clones

SmartyCard, un autre exemple de site d'éducation à distance utilisant le jeu pour séduire sa clientèle.

Si Grockit est l'un des premiers fournisseurs de services éducatifs américains sur la Toile à offrir un réseau social d'apprentissage collaboratif, d'autres sociétés proposent un mélange apprentissage / jeu pour attirer les élèves, leurs parents ou leurs tuteurs/professeurs.

Quelques exemples:

 

Les industries d'éducation en ligne ont le vent en poupe au pays de l'Oncle Sam. Le Wall Street Journal révélait en juillet 2009 que les investissements dans les sociétés de technologies pédagogiques étaient passées de 850, 6 millions de dollars US en 2007 à un milliard en 2009.

Il faut dire que le marché disponible pour ces entreprises est vaste : 65 millions d'élèves de niveau primaire et secondaire aux États-Unis actuellement ! Pour bâtir leur clientèle, la plupart de ces compagnies offrent des versions gratuites - limitées dans le temps ou dans le contenu.

Dans un tel contexte, il faut alors se démarquer de la concurrence soit par son modèle économique (SmartyCard, par exemple, propose aux parents d'acheter des cartes à points; points qui sont débloqués lorsque l'enfant réussit une leçon pour pouvoir jouer à des jeux sur des sites spécialisés ou même recevoir des jeux vidéos ou DVDs) ou par son offre de services comme le fait Grockit avec son idée de réseau social d'apprenants. Une idée novatrice par l'implantation d'un "social gaming", certes, mais dont l'idée de base était déjà présente sur ePals que Thot présentait... voici déjà 10 ans.

L'offre américaine de formation en ligne pour le primaire et le secondaire s'accentue au fil des années et devient de plus en plus populaire. Reste à savoir si le reste du monde suivra ce modèle pédagogique et/ou économique. Car nous avons tous déjà affrronté la moue dédaigneuse d'un ado à qui l'on propose le plus beau jeu du monde pour apprendre les maths... avant de le voir se précipiter sur un jeu "pas sérieux". Il faut croire qu'aujourd'hui, les jeunes Américains du Nord (Canadiens compris) subissent davantage d epression scolaire que les jeunes Européens par exemple, qui préfèrent faire des courses automobiles sur leur console de jeux plutôt que de réviser leur programme scolaire.

"Like Facebook, but for learning", article du magazine en ligne eSchool News du 3 mai 2010

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné