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Plus de télévision, moins de succès scolaires...***

Par Denys Lamontagne , le 01 juillet 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Le Service de Veille scientifique et technologique (SVT) nous propose une fois de plus un excellent dossier synthèse sur les impacts de la télévision sur l’éducation : Éducation et télévision.

Si le temps passé devant la télé semble diminuer chez les adolescents au profit d’Internet et des jeux vidéos, celle des enfants demeure élevée, avec des effets qui ne laissent aucun doute :

«Plus le temps passé devant l’écran et important pendant l’enfance et l’adolescence, moins le niveau d’éducation est élevé pour les jeunes adultes. Ces résultats ne sont ni liés à l’intelligence, ni au statut socioéconomique de la famille, ni aux troubles du comportement. Sans pouvoir vraiment accuser la télévision d’être la cause directe de mauvais résultats scolaires, l’association entre le temps de visionnage et le niveau scolaire est indéniable ( Hancox et al., 2005).»

Ces effets sont tempérés par le rôle de médiateur des parents et par le type d’émission que regardent les enfants : les émissions éducatives et celles spécifiquement conçues pour les enfants, tel Sesame Street, ayant un effet plutôt positif, spécialement sur les familles à faible revenu et les familles d’immigrants.

Mais si la télévision est dans la chambre de l’enfant, la médiation parentale chute radicalement

«Déjà en 2002, deux chercheurs du National Institute on Media and the Family, D. Gentile et D. Walsh, remarquent que la présence de télévision dans la chambre des enfants est un facteur de moindres performances scolaires, participe à l’individualisation des usages et réduit les occasions d’échanges entre parents et enfants sur les émissions regardées.

Une statistique particulièrement effrayante : les enfants possédant un poste dans leur chambre regardent en moyenne 5h1/2 par semaine d’émissions télévisées en plus que les enfants sans télévision dans leur chambre. Les auteurs démontrent que les coutumes et la littératie médiatiques des familles est un indicateur des futures performances scolaires de leurs enfants.»

«La durée et le contenu des programmes regardés sont responsable, selon les conclusions des auteurs. En effet, quand l’enfant est jeune, il se tourne plus naturellement vers les programmes éducatifs. Les effets bénéfiques qu’il en retire sont annulés par le nombre d’heures passées devant des programmes non éducatifs et pour grand public qu’il regarde en parallèle, de plus en plus fréquemment, au fur et à mesure qu’il grandit.»

Pire encore, et nombre de professeurs sur le terrain vous confirmeront ces conclusions par leurs observations :

«Christakis et al. (2004) mettent en corrélation une exposition précoce au petit écran, entre 1 et 3 ans, et les problèmes d’attention à l’âge de 7 ans. Non seulement leur analyse prouve qu’un lien existe mais également indique que plus l’exposition est soutenue, plus les problèmes s’intensifient : pour chaque heure de visionnage quotidienne supplémentaire, la probabilité de manifester des troubles d’attention à l’âge de 7 ans augmente de 28%.»

Plusieurs éléments de ce dossier sont éclairants et, sachant cela, on se prend à rêver d’une politique de la réussite scolaire qui inclurait un volet de sensibilisation et d’intervention auprès des familles à propos des effets observables de la télé sur les comportements et les succès scolaires.

À un certain seuil, ajouter encore plus de services, de personnel, de soutien et d’efforts n’aurait pas autant d’impact que de simplement mieux gérer le temps télé des enfants. Il s’agit ici de diminuer, pas d‘augmenter.

Éducation et télévision : les liaisons dangereuses

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