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Tablettes numériques à l’école : avis partagés chez les profs et les élèves

Avant de se lancer dans l'usage pédagogique de la tablette numérique, mieux vaut connaître les avantages et les limites de l'objet.

Par Alexandre Roberge , le 08 mai 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 06 septembre 2011

Il n'y a que quelques mois que les tablettes ont fait leur apparition dans notre déjà vaste panoplie d'outils numériques, mais avec l’avènement de la deuxième version du iPad et d’autres concurrents comme, entre autres, le PlayBook de Research in Motion (BlackBerry), une conclusion s’impose : on va encore entendre beaucoup parler des tablettes. Elles font briller les yeux des amateurs d’informatique et même ceux des responsables pédagogiques qui y voient un nouvel objet séduisant pour les jeunes générations.

Le phénomène a pris tant d’ampleur qu’au cours de l’hiver 2011, le Ministère de l’éducation, de la jeunesse et de la vie associative français a, par le biais de son portail Éducnet, développé un dossier sur la question des tablettes tactiles et de l’enseignement. Au menu :

  • Descriptions et faits sur les tablettes tactiles
  • Politiques concernant cet outil
  • Aspects techniques, socioculturels, socio-économiques
  • Usages pédagogiques
  • Usages à l’international
  • Applications pour l’enseignement

Chacune de ces rubriques propose des textes et des ressources pour permettre aux acteurs dans le domaine éducatif français de réfléchir sur la façon d’intégrer ces nouvelles technologies dans leurs pratiques. Mais concrètement, ces appareils méritent-ils tant d'attention ?

Du très bon et du moins bon

D'emblée, on constate qu'il n’y a pas encore consensus en ce qui a trait à l’usage des tablettes numériques en classe. Pour de belles expérimentations et projets-pilotes, comme celui d’Alain Jourdan présenté par l’Agence des usages TICE, beaucoup de critiques se font entendre. Par exemple, Le journal Libération en septembre 2010 signalait que certains enseignants français restaient dubitatifs devant l’utilisation de ces appareils, y voyant surtout un belle offensive commerciale et une « machine à jeux » plutôt qu'un outil de travail.

Même aux États-Unis (un pays pourtant technophile), les résultats d’expérimentations avec des iPad n’ont pas mené à des conclusions aussi enthousiastes qu’on aurait pu le croire. Dans un article de janvier 2011, référencé dans le dossier d’Éducnet, on révèle que des élèves eux-mêmes ont quelques réserves. Ils aiment sa facilité d’utilisation et s’ils avaient à choisir entre des manuels traditionnels et des manuels électroniques sur iPad, 51% d’entre eux opteraient pour la deuxième option. En revanche, ils sont beaucoup plus réservés pour ce qui est des fonctions de production écrite. Le clavier intégré de l'iPad permet d'écrire de courts textes, mais n'est pas adapté à la rédaction d'un devoir plus long. Les élèves sont également très partagés sur l'intérêt global d'utiliser des tablettes en classe. Impossible, ou presque, d’utiliser une tablette à plusieurs car la machine enregistre les données personnelles d’un utilisateur à la fois. Ce qui fait que dans le cas d'un travail collaboratif synchrone (sur une application de traitement de texte en ligne par exemple), chacun peut effacer les données de l'autre sans même s'en rendre compte. De plus, même si la prise en main de l’appareil est très intuitive, les applications demandent un temps d’adaptation pour comprendre leur fonctionnement. Enfin, les élèves regrettent qu'il ne soit pas possible d'effectuer plusieurs tâches à la fois, l'OS de l'iPad ressemblant fort, à ce niveau, à celui d'un smartphone qui ne permet d'ouvrir qu'une seule application à la fois. Cela explique pourquoi à la question « Que préfèreriez-vous utiliser en classe : un ordinateur portable ou un iPad? », 74% des élèves testeurs sélectionnent l’ordinateur.

C’est d’ailleurs le constat que fait Sébastien Stasse sur son blogue : l’iPad, ce n’est pas un ordinateur. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faille repousser les tablettes numériques du revers de la main. Au contraire, l’enseignant québécois y voit de belles possibilités pour les exerciseurs, les outils de référence et même la production de contenus sur la machine qui peut devenir une nouvelle source d’apprentissage.

Les avis sont donc fort partagés. Selon que l'on privilégie les fonctions de production ou les fonctions de consultation, on peut l'estimer inadapté aux nouveaux modes d'apprentissage ou au contraire s'en enticher jusqu'à l'adoration. François Guité a d’ailleurs bien exposé l’été 2010 les bons et les mauvais côtés du joujou d’Apple. Une lecture essentielle pour les enseignants voulant se faire une idée sur le potentiel pédagogique de la machine.

Les tablettes numériques sont faites pour durer. Leur adoption massive par la société pousse l’univers pédagogique mondial à se questionner sur ces outils comme objets de formation. Pour l’instant, le terrain est encore en friche. On y découvre à la fois de splendides possibilités de projets, mais on relève aussi de vraies limites. Une judicieuse utilisation des tablettes passe par des attentes mesurées à leur égard. Il faut également savoir quoi en faire. C’est alors que des ressources comme cette page sur le wiki Outilspédago ou le blogue du CRDP Limousin deviennent des boussoles pertinentes pour guider l'utilisateur des tablettes (plus particulièrement du iPad) à l’école.

Tablette tactile et enseignement, dossier d’Éducnet, publié le 30 janvier 2011.

iPad à l’école : avantages et inconvénients, François Guité, billet du 27 juillet 2010, mise à jour le 14 janvier 2011.

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