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Examens : Gare à la triche avec les TIC

Avec la période des examens revient la préoccupation de la triche, facilitée par l'emploi des appareils portables dernier cri.

Par Louis-Martin Essono , le 06 juin 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 30 mai 2012

En Afrique, sauf cas particuliers de conflits armés ou de grève des enseignants ou d'étudiants, les examens officiels ont été lancés ou s'apprêtent à l'être cette semaine. Le second semestre ou le troisième trimestre ont été très studieux pour les nombreux étudiants qui font la ligne, qui frontent ou qui étudient toutes les nuits pour préparer le Bac, le probatoire, le Brevet ou différents concours. De nombreux sites publics ou privés sont nés pour aider les jeunes à préparer leurs examens. En France, on citera bien sur le site de l'Etudiant qui regorge de ressources pour les candidats aux différents Bac. Même abondance sur Le Web pédagogique, avec de nombreux conseils méthodologiques dispensés par les enseignants eux-mêmes. L'Afrique s'y met à son tour, on le voit par exemple en consultant Examen-Sénégal

Mais certains candidats, qui ne sont pas des enfants de choeur, ne se satisfont pas de "conseils", ils veulent des réponses. Ils inventent des stratégies subtiles pour se faciliter la vie. Les cartouches, les bords, les accordéons, tous ces mots voire ces maux consistant à désigner les feuilles sur lesquelles sont recopiées les réponses éventuelles et collées sur la paume, sur les cuisses ou sur la table ont été découverts et sont jugés obsolètes. Aussi, les smartphones, les calculatrices dernier cri, les portables jamais vus permettent-ils aujourd'hui de demander et de recevoir par sms les réponses pendant qu'on est en séance d'examen.

Plusieurs pays ont décidé d'interdire ces outils dans les salles d'examen par arrêté ministériel comme à Madagascar, au Cameroun où cette décision a provoqué de larges débats, au Canada, en France, aux Etats Unis, etc.

Le problème n'est pas récent puisque Thot l'avait déjà soulevé il y a longtemps. Il faut maintenant se demander pourquoi les élèves et même les étudiants trichent. Les enseignants, qui s'adaptent au progrès des outils, enseignent de mieux en mieux et innovent pour faciliter les stratégies d'apprentissage Les TIC rendent-ils paresseux ? Facilitent-elles l'assimilation  des connaissances ? Oui, dans les deux cas. Mais il faut aussi interroger la nature-même des examens organisés. Tant qu'il ne s'agira que de faire la preuve de la mémorisation de concepts et connaissances que l'on trouve facilement en ligne, la triche sera de la partie. Il est donc nécessaire d'évaluer autrement, ce qui est l'unique réponse réaliste au changement d'environnement d'apprentissage occasionné par la généralisation de l'accès à la toile d'une part, à ceux qui sont hors de la salle et répondent aux demandes d'aide via les SMS d'autre part. 

On ne peut nier pourtant qu'il y ait un problème d'éthique dans toute cette réflexion qui a conduit, on s'en souvient, à la fermeture instantanée du site faismesdevoirs.com voici un peu plus d'un an. Les TIC aident pourtant à l'apprentissage, permettant des citations sur presque tous les sujets. Pour les quelques apprentis-chercheurs et étudiants qui nous aveuglent et nous roulent grâce à leurs prouesses virtuelle, et surtout pour ceux qui vont encore aller composer au bac, aux examens universitaires et aux concours, un seul conseil : gare aux tricheries !

Illustration : phone LAN / Gustav Holmström / CC BY 2.0

 

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