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Pour garder le rythme, dormez sur vos deux oreilles !*

Dormir plus pour travailler plus (et mieux) ? Pas forcément.

Par Audrey De Santis , le 21 juin 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 09 septembre 2011

Garder le rythme au travail, pendant ses études ou même dans ses loisirs, nous semble primordial pour notre équilibre mental et psychologique. Mais il existe une composante primordiale de notre santé et de notre forme que nous avons souvent tendance à oublier ou négliger : le sommeil ! Alors, domir plus pour travailler plus (et mieux) ? Pas forcément.

Besoin d'un retour à l'équilibre

L'être humain appartient aux espèces diurnes et adopte un rythme veille/sommeil lié à la scansion jour/nuit. Notre cycle, égal à celui d'une journée, dure logiquement 24 à 25 heures, comprend en principe un quart à un tiers de temps consacré au sommeil et est régulé par un système de double balancier.

  • la composante circadienne qui est liée à la sécrétion de mélatonine dans notre cerveau, sécrétion dépendant elle-même de la perception de la lumière par nos yeux. Il existe des "portes du sommeil" qui s'ouvrent à certaines heures de la journée et auxquelles un corps dans le bon rythme va "répondre".
  • la composante homéostasique qui varie selon les temps passées en sommeil et en éveil.

Ce qui détermine notre rythme de sommeil, finalement, c'est notre horloge interne ou autrement dit, l'heure qu'il est dans notre cerveau. Mais cette horloge est influencée par de nombreux facteurs extérieurs : la lumière, les repas, la chaleur (et la température corporelle), les contacts sociaux, l'activité physique...

Pourquoi dormir ? Parece que le corps a besoin de revenir à un état d'équilibre. La "pression du sommeil", c'est-à-dire l'envie de s'endormir est normalement proportionnelle à la durée de veille précédente. Plus votre journée de travail ou d'étude a été longue, plus vous êtes fatigué. Dormir assez et bien, c'est conserver ses capacités physiques et intellectuelles à leur zénith, évacuer le stress, la fatigue d'une journée et donc récupérer mais c'est aussi mettre son cerveau sur "pause" et lui permettre de traiter les informations emmagasinées pendant la phase d'éveil.

Tous les dormeurs sont différents (couche-tôt, lève-tard, etc.), car il existe une multitude de chronotypes qui déterminent qualité, quantité et horaire de survenue du sommeil. Être à l'équilibre, c'est mettre en phase son rythme de vie avec son chronotype.

L'adolescence, moment des "retards de phase"

Il est possible de réduire notre quantité de sommeil quotidien mais pas de réduire notre besoin en sommeil, qui est différent selon les individus. Certains seront plus affectés par des privations de sommeil répétées et le déséquilibre se traduira par des insomnies, des somnolences ou des désynchronisations internes (une perte d'efficacité du sommeil). L'adolescence est le moment propice à ces déséquilibres. En 2005, une étude TNS-Sofres soulignait la prépondérance des "retards de phase" chez les 15-19 ans, dont 55 % reconnaissaient somnoler en journée au moins une fois par semaine.

Pourquoi les adolescents sont-ils autant touchés ? Tout s'explique - généralement - par un rythme de vie inadapté, entrainant des déphasages et des ratages répétés des "portes du sommeil". Désir de liberté, rythme accéléré de travail et de loisir, activités stimulantes juste avant le coucher (surfer sur Internet, les réseaux sociaux, discuter par messagerie instantanée...), mauvaise hygiène alimentaire (consommation d'excitants et de nourriture difficile à digérer) mais aussi présence d'un système de régulation à cet âge qui est très souple. Les adolescents "tirent sur la corde" toute la semaine en attendant impatiemment la sacro-sainte grasse mat' du week-end. Et c'est un cercle vicieux, car ils cumulent ensuite de nouveau plusieurs jours où ils s'endorment tard le soir (ayant récupéré le week-end) et éprouvent des difficultés de réveil.

Deux choses paraissent primordiales pour aider un adolescent à suivre un rythme de sommeil correct. Comprendre en premier lieu la différence entre un "court dormeur" (couche-tard et lève-tôt) et celui qui est en "dettes de sommeil". Un court dormeur n'aura aucune difficulté ou presque au réveil, même s'il s'est couché tard et il saura se montrer efficace dans son travail en journée. C'est que sa durée de sommeil lui suffit (certains dormeurs se satisfont de 4 à 5 heures par nuit) et que son sommeil est réparateur. Pour la personne en "dettes de sommeil", la solution efficace pour récupérer peu à peu est la courte sieste d'un quart d'heure, dans l'après-midi (le week-end) mais surtout... éviter la grasse matinée (du moins, pas plus tard que 9h ou 10h du matin). En effet, le cerveau est en phase d'apprentissage optimale entre 9h et 13h et 16h et 20h.

Conclusion : la qualité du sommeil ne se juge ni à la quantité ni même aux horaires mais bien aux résultats : réveil frais, absence de somnolence, concentration accrue, efficacité de travail... Voilà quelques informations bienvenues pour tous les adolescents qui dorment la tête posée sur leur table en classe et passent leurs soirées sur la toile, ou dans d'autres activités fort stimulantes !

Source principale : Chronobiologie-Devoir dormir, sur Sommeil et médecine générale

Illustration : Mark Sebastian/Flickr CC

 

 

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