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L’océan, nouvel Eldorado de l'humanité

L'exploration des profondeurs de l'océan a à peine plus de 100 ans mais aujourd'hui, elle cristallise bien des espoirs de solutions à nos problèmes. Petite revue des axes de recherche les plus prometteurs, sur le web bien entendu.

Par Alexandre Roberge , le 18 juillet 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 21 septembre 2011

Les océans constituent un terrain d'exploration immense. Plus on cherche et plus on trouve. Au point que certans y voient la solution à nos problèmes les plus aigüs.

Des ressources économiques et pharmaceutiques

 

On commence à peine à explorer ce territoire sombre et encore largement inconnu que déjà, on perçoit les possibilités économiques qui s’y cachent. L’océan entier, à sa surface ou dans ses profondeurs, permettrait de régler des problématiques humaines actuelles. Certains voient par exemple dans les microalgues une éventuelle source de biocarburant et l'on songe à l’instauration d’éoliennes en pleine mer, là où le vent n’est pas rare.

La presse grand public se fait l'écho de ces découvertes et expérimentations. Dans un article de la fin 2010, Le Figaro décrit la richesse des océans qui pourraient nous apporter des solutions énergétiques, pharmaceutiques, etc. Les explorations de plus en plus poussées fréquentes nous font découvrir des centaines d’espèces vivantes ayant adapté leur vie à l'obscurité et la profondeur des lieux. Des organismes avec des capacités biologiques fascinantes ont déjà inspiré les inventeurs et continueront de le faire dans les années à venir : c'est par exemple dans les grands fonds que les chercheurs ont découvert les principes de la bioluminescence; ils cherchent aujourd'hui à reproduire les propriétés de créatures qui sécrètent de l'amidon, ou qui possèdent d'incroyables propriétés de régénération cellulaire. 

Qui plus est, les réserves d’hydrocarbures, de « terres rares » et d’yttrium qui servent à la fabrication de nos appareils électroniques se trouveraient désormais en plus grande quantité dans l’océan que partout ailleurs sur la planète. La revue britannique Nature Geoscience révélait récemment qu’à peine un kilomètre carré de terre rare dans l’océan pourrait fournir près du cinquième de la consommation mondiale actuelle!

Mais comment avons-nous pu nous vivre au-dessus de telles merveilles sans nous en rendre compte ? La réponse des experts est claire : jusqu’à présent, l’être humain n’a exploré que 5% des océans de la planète!

Le nouvel habitat des humains?

 

Et si, petit à petit, des industries commerciales s’intéressent à ce qui se trouve vingt mille lieues sous les mers, d’autres croient que les océans abriteront bientôt des villes sous-marines. Une idée qui, jusqu’à maintenant, n’avait fait l’objet que d'utopies ou de mythes comme la fameuse cité de l’Atlantide. Pourtant, Jacques Rougerie, que l’on surnomme l’architecte des mers, a conçu des maisons et des vaisseaux subaquatiques qui peuvent abriter plusieurs dizaines de personnes. Le sous-marin SeaOrbiter (que l’on peut visiter virtuellement sur son site officiel) sera mis à l’eau dans un avenir proche et aura pour principale mission d'identifier les espaces de vie possibles pour l'homme et surtout de tester les capacités d'adaptation des humains à une vie sous-marine prolongée (6 mois et plus).

Pour M. Rougerie, c’est une évidence, l’avenir de l’homme passe par la mer. Ses conceptions architecturales océaniques intéressent déjà au plus haut point les pays émergents soumis à une forte pression démographique et environnementale (Chine, Émirats Arabes Unies, etc.). L’architecte qui se considère comme un Mérien (le nom de la nouvelle civilisation d’êtres humains qui adopteront l’océan comme lieu de vie) admet cependant que de tels changements demanderont une importante adaptation. Car le rythme de la vie sous-marine sera nécessairement modifié; il faudra par exemple admettre d'augmenter sa quantité de sommeil, aller moins vite en bien des circonstances. 

Toutes ces nouvelles ont de quoi stimuler les esprits des scientifiques, des économistes, des biologistes et des architectes, mais des interrogations surgissent : parviendrons-nous à exploiter l’océan de manière raisonnable ? Eviterons-nous les erreurs qui nous ont conduits à devoir explorer les nouvelles frontières maritimes, après avoir épuisé nombre de ressources terrestres ? Protègerons-nous ce monde inconnu que nous polluons déjà abondamment? Jacques Rougerie dit ceci: « Il faut pérenniser l'homme sous la mer, et pour cela il faut lui bâtir une culture propre à cet espace. » La question est de savoir si cette culture intègrera un sens de la responsabilité plus important qu'à l'heure actuelle. Sinon, nous ne ferons que repousser de quelques siècles la survie de l'homme sur la planète.

« C'est de l'océan que naîtra le destin des civilisations à venir », Émilie Rosso, Rue 89, 3 juillet 2011.

« La mer est l'avenir de l'homme », Christophe Doré, Le Figaro, 22 octobre 2010.

Crédit image: vague mimizan plage!!!!! / Hakahonu:::::::::::::::::::::::::::: / CC BY-NC-SA 2.0

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