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Appareils mobiles et travail collaboratif : une relation évidente

Une récente étude internationale montre que l'équipement des travailleurs en appareils mobiles encourage fortement la mise en place de processus de travail collaboratif

Par Christine Vaufrey , le 19 juillet 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 09 octobre 2011

Sur le blog Cloud and Go, dédié "au Cloud computing, aux Média et Réseaux sociaux, à l'Entreprise 2.0 et au Web 2.0 pour les Entreprises",  a été publié en juin 2011 une série de deux billets rendant compte d'une fort intéressante étude réalisée par la société nord-américaine iPass, portant sur les usages des terminaux mobiles opérés par les salariés en utilisant au moins un à des fins professionnelles. Cette étude a été réalisée auprès de 3 700 salariés travaillant pour 1 100 entreprises de par le monde. La moitié de l'échantillon est américain, 34 % proviennent d'Europe, 10 % d'Asie. Toutes les classes d'âge (de 20 à 65 ans et plus) sont représentées dans l'échantillon.

Nous n'entrerons pas dans le détail des résultats de l'étude, fort bien analysés dans les billets de Cloud and Go, mais nous nous focaliserons sur la relation entre les équipements mobiles et le travail collaboratif.

Des équipements personnels qui accroissent la motivation

 

Premier constat : la quasi-totalité des personnes interrogées dispose d'un téléphone intelligent ou smartphone, toutes générations confondues. C'est donc l'appareil le plus courant, sachant que tous les répondants disposent au moins d'un appareil mobile. Viennent ensuite les PC portables et les tablettes, dont le nombre croît rapidement. 

Deuxième constat : les possesseurs des appareils mobiles les utilisent à des fins professionnelles en tous temps et en tous lieux, certains les gardant même allumés et à proximité la nuit, pour "ne rien manquer". La possession d'un terminal mobile accroît donc le temps de travail, voire la productivité.

Troisième constat : la majorité des personnes interrogées a acquis personnellement son appareil (surtout les smartphones et les tablettes) et y a chargé les applications de son choix. La possession d'un tel appareil, fortement personnalisé, accroît la motivation et l'engagement du salarié envers son entreprise.

Et ce dernier constat n'est pas sans poser de sérieuses questions aux entreprises : si chacun a installé les applications de son choix sur son appareil, comment garantir la sécurité, l'homogénéité, la compatibilité des applications ? Mais une reprise en main de la direction de l'information (SI) sur les aspects techniques ne risque t-elle pas d'être perçue comme autoritaire et restreignant l'autonomie tant désirée ?

Connecté à Internet, le mobinaute collabore naturellement

 

smartphone show08photo © 2021 jon jordan | more info (via: Wylio)

Que font les "mobinautes" (ainsi sont appelés les salariés qui utilisent au moins un appareil mobile pour leur travail) de leurs appareils ?

La réponse à cette question diffère selon les capacités d'accès au réseau internet. Lorsqu'ils ont n'ont pas accès au réseau, les salariés prennent des notes, gèrent leurs contacts, utilisent une suite bureautique. Lorsqu'ils sont connectés, principalement en wifi, ils utilisent leurs appareils d'abord pour participer aux réseaux sociaux de leur entreprise, pour accéder à l'information et la diffuser et participer à des webconférences. 

Trois usages qui relèvent du travail collaboratif. Ce qui conduit l'auteur des billets à penser que cette modalité de travail, apparemment si difficile à imposer d'en haut dans les entreprises, se déploient naturellement dès que les salariés en éprouvent le besoin (ie pour continuer à travailler hors de leur bureau, pour travailler avec des personnes éloignées...) sont correctement équipés et choisissent eux-mêmes de le faire. 

Ce qui constitue une bonne nouvelle pour les entreprises, qui disposent de collaborateurs engagés, proactifs sur la mise en place de modes de collaboration plus souples et plus indépendants. 

Les ambassadeurs du travail collaboratif

 

L'auteur estime que ces "mobinautes" constituent de véritables ambassadeurs du travail collaboratif dans les entreprises; usagers "natures" des applications de travail collaboratif, ils vont faire école auprès des salariés qui ne s'y sont pas encore mis, à condition que le management suive et s'adapte à ces nouveaux modes de travail en commun :

"Les collaborateurs nomades multi-équipés de technologies mobiles intelligentes deviennent les ambassadeurs les plus efficaces du travail collaboratif dans l'entreprise, avec autonomie, responsabilité, une efficacité due à l'agilité permise par la mobilité et ses supports collaboratifs, d'où une importante croissance de la valeur ajoutée.

(...) Il est frappant de constater que même si la technologie mobile et les applications associées provoquent une approche collaborative, presqu'immédiatement la logique collaborative se déploie comme un écosystème, avec un effet retour sur les acteurs sédentaires, et plus généralement sur l'ensemble de l'entreprise et de ses connexions. Un tel écosystème est aujourd'hui au coeur des réflexions les plus avancées sur l'entreprise 2.0 (...). Le management adapté à cette réalité, qu'on pourra désigner par la terminologie de management collaboratif n'est ici rien d'autre qu'une forme très aboutie et féconde pour l'entreprise de management agile".

L'optimisme de l'auteur se fonde sur le grand pouvoir d'attraction des nouveaux terminaux mobiles. Les smartphones d'abord, les tablettes ensuite, sont appréciés des salariés qui éprouvent du plaisir à les utiliser, y trouvant un sentiment d'autonomie qui leur fait adapter des comportements favorables à leurs entreprises, impensables s'ils devaient être imposés.

On constate donc qu'en matière d'utilisation des appareils mobiles et des applications collaboratives, les usages privés spontanés ont plusieurs longueurs d'avance sur les usages professionnels formalisés. Il reste à savoir si cet engouement durera, car on peut imaginer que, passé le premier temps d'enthousiasme pour de beaux objets, les salariés parviennent à réguler l'intensité de leurs usages professionnels pour échapper à une désocialisation totale qui est d'ailleurs pointée comme une menace préoccupante dans l'étude d'iPass. Il faudra également observer les indispensables mutations des modes de management, mons directifs, moins basés sur le contrôle, et la mise en place d'un délicat équilibre entre la nécessité d'une meilleure maîtrise technique des applications par les direction de l'information, et l'important besoin de personnalisation des bureaux virtuels des salariés.

Quoi qu'il en soit, il est difficile de nier que les technologies, qu'il s'agisse des appareils ou des applications, influent fortement sur les modes de travail. Les organisations ne peuvent désormais l'ignorer et devront s'y adapter.

A lire sur Cloud and Go : 

La révolution mobile : un bouleversement pour la vie, le travail et l'entreprise - Dossier (1/2) - Etude et infographies. 23 juin 2011.

Les collaborateurs nomades : de varitables ambassadeurs du travail collaboratif - Dossier (2/2) - Etude et Infographies. 23 juin 2011.

Illustration haut : Intel Briefing on Tablets #3 - CES 2011 / Michael Sheehan / CC BY 2.0

 

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