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Publié le 19 juillet 2011 Mis à jour le 21 septembre 2011

L'individu et le collectif face à l'océan des savoirs

Une critique de la théorie de l'intelligence collective et ses implications pour l'apprentissage en communautés virtuelles.

Dans un essai publié sur le site Ars Industrialis, Jean-François Ballay s'interroge sur le fonctionnement de l'intelligence collective et les pathologies qu'il pourrait receler. Cette notion d'intelligence collective a trouvé un regain de vitalité avec l'apparition d'Internet mais plonge ses racines dans une histoire ancienne, puisque la métaphore de l'océan des savoirs est bien connue depuis la Renaissance.

Toutefois, le développement des technologies éducatives et les potentialités qu'elles offrent en matière de travail collaboratif ont remis au goût du jour cette métaphore ainsi que la notion d'acquisition collective du savoirs tout en annihilant la conscience de leurs limites.

L'accès au savoir

L'une des limites de la croyance dans l'intelligence collective est liée au mode de transmission des connaissances. Alors que la tendance est à la réification du savoir, Jean-François Ballay attire l'attention sur ceci : "on peut « prendre » une marchandise, on peut « prendre » un objet pour l’utiliser. Mais on ne peut pas « prendre » la connaissance – ni, donc, la « donner » ou la « vendre », ni même l’échanger". En clair, le savoir produit en groupe n'est pas spontanément collectif. Il ne le devient que par le biais de mécanismes sociaux de transmission liés eux-mêmes aux conditions de la production.

L'individu dans le collectif

À trop vouloir magnifier l'intelligence collective, on oublie également le rôle de l'individu en tant qu'être unique dans la production de la connaissance. À ce propos, Ballay écrit que "la connaissance est un travail toujours ardu, qui opère à l’échelle de chaque être humain relié à la société tout entière". Autrement dit pour que l'intelligence collective soit réellement productive, chaque individu engagé dans le processus doit s'efforcer de tendre vers la connaissance. Ceci requiert une mobilisation de l’intelligence et de l’imagination qui doit s’accompagner d’une confrontation incessante à l’expérience du réel.

Les communautés virtuelles d'apprentissage

En conclusion, la thèse de Jean-François Ballay consiste à dire que la connaissance ne jaillit pas du regroupement des individus, comme le soutient la théorie connectiviste de l'apprentissage. L'effort des individus à apprendre, à transmettre, à interpréter, à analyser de façon critique et à expérimenter est primordial dans l'élaboration des connaissances.

Par voie de conséquence, l'organisation des apprenants en communautés virtuelles et la répartition des tâches entre eux ne suffisent pas pour activer l'intelligence. Il leur faut un désir de connaître, une des clés de la réussite de ces communautés.

Voir: Le mythe de l'intelligence collective, Jean-François Ballay, 12 janvier 2010.


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