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Le polar à la sauce FLE

L'exercice de l'intrigue policière est un grand classique des cours de langues. Voici une sélection de ressources utilisables en cours de FLE, pour réaliser des activités variées.

Par Martine Dubreucq , le 23 août 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 18 octobre 2017

Soupçonner est un moyen infaillible de faire naître les questions, car sans problèmes, sans drame caché, sans crime, que resterait-il à dire, sinon les ennuyeux « Comment ça va ? Oh, c'est magnifique, tout est ok » qui font nos conversations quotidiennes ! Un peu de sombre secret ne nuit pas aux échanges et mêlé à un humour noir bien dosé, il peut faire agréablement pétiller les cours de français. Rien de bien terrible et horrifique cependant dans ces scénarios qui sont bien loin des scabreuses inventions de séries comme Dexter !

Des ressources pédagogiques spécifiques

Polarfle que Thierry Perrot à réalisé en 2000, a connu beaucoup de de succès dans les classes du monde entier, il n'est maheureusement plus accesible.

Il y avait des fiches pédagogiques qui l'accompagnaient.  « Les poches de la victime», par exemple est un canevas basique pour la construction d'une fiction : on commence par passer à la photocopieuse une série d'objets qui vont servir de matrice à un récit et chacun doit imaginer la vie, les habitudes de la victime à partir de ses objets affichés. On peut en proposer une variante aujourd'hui avec les fonctions photographiques des téléphones. L'alibi est aussi une simulation bien connue qui a fait ses preuves. Et qui permet de pratiquer intensivement le questionnement.

Classiques également, « Basile enquête » qui fournit une structure à un ensemble de modules d'apprentissage en FLE et Magret mène l'enquête, petite application légère très efficace pour comprendre la distinction entre le passé composé et l'imparfait.

L'oreille coupéecréée par André-Philippe Côté et Jean-François Bergeron, avec sa musique mélancolique est une bande dessinée interactive très bien faite qui parvient à nous maintenir en haleine et à nous laisser songeur sur les ressorts de l'identité des gens que l'on aime.

L'affaire du coffret sur RFI est un feuilleton policier bilingue de 60 épisodes de 4 minutes qui plonge l'auditeur étranger dans une aventure qui ressemble un peu à la sienne s'il est complètement débutant : imaginez, se réveiller un matin dans une chambre d'hôtel inconnue, en pays étranger avec pour seule boussole des enregistrements énigmatiques ! Cette production de bonne qualité radiophonique est aussi bien connue des enseignants de FLE, tout comme ce jeu en ligne et sur Cdrom, Mission Europe.

Se plonger dans la peinture impressionniste et le monde de l'art tout en poursuivant un mafieux russe est un des charmes de la cyberenquête : l'affaire Sisley.

Veut-on basculer du côté de l'écriture si on est plus à l'aise avec la langue et faire comme 30 gendarmes et 10 policiers au Sénégal, un Atelier d'écriture de nouvelles policières ?

Ateliers d'écriture et jeux sérieux

Dans la vraie vie extérieure à la classe, l'écriture collaborative étant à la mode, les occasions ne manquent pas. Aux Editions Plon vient de sortir « Connexions » écrit par les internautes d' "Au Field de la Nuit". Les enseignants qui chercheraient des documents utiles pour accompagner les élèves dans l'écriture trouveront sur le site de l'émission un document bref mais pertinent : Comment écrire un thriller. 

Pour s'inspirer, rien de tel que de bonnes bandes-sons comme celle-ci sur Deezer : Cinoche genre polar.

Un "Sherlock Holmes" peut servir de base de création pour des ateliers d'écriture comme celui-ci, s'organisant autour d'une carte heuristique : Construire une intrigue policière à l’aide d’une carte heuristique.

Tout ça n'est pas vraiment bien méchant me direz-vous, pas vraiment assez noir, violent, pervers, et pas assez riche en serial killers, en corps morcelés, en traces des tueurs en série.

On rêve à une telle puissance de fiction envoutante pour d'autres scénarios qui parleraient de soleil, de douceur et de sérénité mais nos artistes, peintres, poètes et écrivains le savent bien, eux qui puisent souvent images et inspiration dans les faits divers, les cauchemars, et les peurs collectives,  l'obscurité et l'ombre sont notre lot humain.

Rilke :

"Toi, obscurité dont je suis issu,
je t' aime plus que la flamme,
qui limite le monde (...) Je crois aux nuits." 

 

Illustration : Capture d'écran du générique de L'oreille coupée

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