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Pourquoi les étudiants universitaires canadiens n’aiment pas le e-learning ?

Les universités canadiennes ont pris le virage électronique, les roues dans le gravier. Et les étudiants n’aiment pas beaucoup.

Par Denys Lamontagne , le 13 septembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 12 octobre 2011

Dans l’étude «The State of E-Learning in Canadian Universities, 2011: If Students Are Digital Natives, Why Don’t They Like E-Learning?» de la Higher Education Strategy Associates (HESA), 1,289 étudiants universitaires canadiens anglais ont répondu à un questionnaire entre le 21 et le 30 avril 2011.

Le fond et la forme


On y constate que seuls 15 % des cours universitaires offerts le sont dans un environnement électronique «avancé», la plupart se limitant à des outils d’échanges par courriel et la mise en ligne de certaines ressources. On pourrait dire que les technologies sont utilisées de façon pratique, mais pas systématique ni structurée. Encore plus à gauche du spectre est le fait que les enseignements de 17 % des cours se déroulent encore entièrement en classe, rien en ligne.

Ce sont évidemment les disciplines techniques qui sont les plus connectées alors que les arts et les sciences humaines le sont beaucoup moins. Les sciences de l’éducation ne font pas très bonne figure avec 40 % des cours qui n’offrent que des interactions de base et 21 % aucune relation avec le monde électronique.

On a ainsi le portrait d'une université branchée en apparence mais assez peu dans les pratiques.

Pour quels résultats finalement ?


La majorité des étudiants considèrent qu’un cours entièrement ou partiellement en ligne ne change pas grand chose à la quantité de données apprises. Curieusement 28 % considèrent qu’ils apprennent plus dans un cours sans électronique alors que 18 % estiment apprendre plus dans un cours avec un support électronique avancé !

La satisfaction suit la même courbe : 43 % sont très satisfaits d’un cours entièrement en classe et cette satisfaction diminue à 35 % dans les environnements électroniques avancés. Si on segmente selon les disciplines, les disciplines techniques ont la majorité des «très satisfaits», mais globalement, la proportion de satisfaction ou d’insatisfaction ne varie pas significativement que le cours soit très branché ou pas du tout.

On constate que plus les étudiants bénéficient de cours partiellement ou entièrement en ligne, plus ils les apprécient et estime importante cette modalité d'apprentissage. En revanche, et c’est une donnée clé de cette enquête, les cours dispensés entièrement en présence sont considérés plus intéressants que les cours largement distribués en ligne; cette tendance diminue cependant avec l’expérience des coursbien médiatisés.

La structuration essentielle pour passer en ligne

 
Les étudiants reconnaissent cependant que les cours qui disposent de nombreuses ressources en ligne sont associés à des cours mieux organisés en général et que le matériel proposé en ligne est de bonne qualité. Par contre la qualité des professeurs et de l’éducation en général est mieux appréciée en classe.

Mais tous ou presque sont d’accord pour dire qu’il est préférable d’assister à un cours-conférence en présence qu’en ligne ou encore qu’ils seront plus enclin à manquer un cours s’il savent qu’ils pourront le retrouver en ligne, ce qui ne surprendra personne. D’où l’intérêt «secondaire» mais réel pour les enregistrements de cours.

Malgré plusieurs aspects mitigés ou désagréables, les étudiants affirment quand même souhaiter que l’université propose plus de contenus de cours en ligne.

On en veut quand même plus

 
On peut interpréter les données de cette étude de plusieurs façons et les conclusions reflètent bien cette ambivalence des données : on est encore loin d’avoir maîtrisé l’usage didactique des technologies et ce n’est sans doute pas la priorité de bien des enseignants chercheurs, ni même une préoccupation.

Les technologies ont le potentiel de réellement améliorer l’efficacité de l’enseignement supérieur, bien au delà d’une simple et terne alternative à la présence en classe, mais il reste encore beaucoup de travail à faire au niveau des pratiques et des mentalités, en commençant par une identification des resosurces et contenus qui bénéficieraient le plus d'un passage en ligne.

Télécharger le rapport «The State of E-Learning in Canadian Universities, 2011»

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