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Quand le m-learning n'a pas que des partisans...

Une expérience de m-learning menée en milieu universitaire fait un flop !

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 19 septembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 19 octobre 2011

L'anecdote rapportée par The Chronicle of Higher Education est pour le moins surprenante. Nombre d'étudiants en médecine de l'Université de Standford ayant reçu des iPads ne s'en servent pas en classe. Un boycott qui ruine les intentions des autorités universitaires, qui sont pourtant très bonnes : réduire la consommation de papier (en moyenne 3.700 pages imprimés par an et par étudiant) en encourageant la lecture numérique sur des dispositifs mobiles.

La surprise est d'autant plus grande que cette histoire a pour cadre l'Université de Standford, berceau de Google, de Yahoo, de Cisco, l'établissement dont les étudiants se définissent comme obsédés par le numérique et cyberdépendants. Ceci appelle une question : pourquoi le m-learning n'est-il pas soluble dans la fascination suscitée par les dispositifs mobiles ? Autrement dit, pourquoi et comment des utilisateurs d'iPhones ou d'iPads en viennent-ils à refuser de s'en servir dans un contexte éducatif ?

D'une part, à l'Université de Stanford, beaucoup d'acteurs rencontrés par le journaliste de The Chronicle conviennent de l'intérêt des usages du mobile dans l'enseignement. De l'autre, ils estiment que le m-learning ne peut se résumer en la dotation des étudiants en iPads.

Introduire les dispositifs mobiles à l'université est certes une bonne chose mais ce ne peut être qu'une étape d'un processus qui doit viser à terme l'intégration de ces outils dans l'environnement et le dispositif éducatifs. En clair, il faudra d'abord mettre en adéquation les infrastructures technologiques de base dont dispose l'université en conformité avec les nouveaux dispositifs. Ce qui nécessite d'importants moyens financiers. Ensuite, ces nouveaux dispositifs d'accès aux ressources doivent trouver leur place dans le curriculum et les activités exigées par les enseignants. Si ce n'était le cas, ils coninueraient de  graviter autour du système éducatif comme des électrons libres.

De l'expérience de Standford, on concluera que le m-learning ne se décrète pas. Sa mise en oeuvre est un processus qui implique pour les professeurs, les étudiants et le personnel administratif d'explorer ensemble le potentiel éducatif des dispositifs mobiles et de décider en commun de leur usage raisonné. Lequel processus est sans conteste "inégal, plus lent et plus adapté dans certains domaines que dans d'autres". 

Article original : The Slow-Motion Mobile Campus, The Chronicle of Higher Education, 8 mai 2011.

Illustration : Ikescafe, UBC Library. Licence CC.

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