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M-learning : tous les outils sont là, pourquoi ne les utilise t-on pas ?

La vie du prof du futur aura une forte dimension numérique et mobile. Mais pourquoi pas dès maintenant, puisque tous les outils sont là ?

Par Christine Vaufrey , le 20 septembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 19 octobre 2011

Laurent Gayme, qui anime le blog Aggiornamento hist-geo, s'est laissé aller, dans un billet récent, à rêver à sa vie de prof du futur, vie dans laquelle les Tice lui rendent de fiers services et permettent aux élèves d'apprendre à partir des données les plus récentes... Somme-nous vraiment dans le futur ? Pas du tout. Comme le dit si bien L. Gayme, "Tout cela est actuellement possible, si l’on dispose de la motivation et de la volonté nécessaires, de l’équipement adéquat et d’un minimum de pratique… Ce qui est décrit ci-dessus est déjà le présent". Et de donner en exemple la correction de copies en ligne, l'utilisation pédagogique des tablettes numériques et des réseaux sociaux, les manuels numériques, les TBI, la visioconférence... 

Le premier intérêt du billet de Laurent Gayme est de proposer un scénario dans lequel de nombreux outils sont utilisés successivement par la même personne, en fonction des besoins. Où l'on voit qu'il s'agit moins de se familiariser avec tel ou tel outil, que de donner une dimension numérique à sa vie professionnelle, comme on le fait déjà avec sa vie privée.

Le deuxième intérêt de ce billet est de pointer les causes qui font que ce scénario semble encore relever de la science-fiction, alors que, répétons-le, tous les outils existent déjà. S'il ne nie pas les obstacles techniques (de l'hétérogénéité d'équipement des établissements au repli des établissements sur eux-mêmes avec les ENT, en passant par le manque de formation de certains enseignants), L. Gayme insiste surtout surt la dimension pédagogique d'une utilisation plus systématique des Tice dans les tâches enseignantes et d'apprentissage : "En réalité l’approche par les obstacles techniques n’est qu’une approche partielle, qui masque les implications pédagogiques des TICE. (...) Un aggiornamento avec les TICE sera aussi un aggiornamento des pratiques pédagogiques, vers des pratiques plus collaboratives et une remise en question de la place de l’enseignant par rapport aux élèves. Là est sans doute l’obstacle le plus fort. Cela suppose expérimentation des outils TICE, tatonnements, réflexion sur les pratiques  conduits, bilan des resultants obtenus et des limites rencontrées".

Puis viennent les obstacles économiques, notamment lorsqu'il remet en cause les manuels scolaires, toujours en retard vis à vis du web en temps réel, que de nombreux agents dignes de confiance se chargent de scruter, analyser, de manière à identifier les informations les plus pertinentes. Pourquoi alors continuer à imprimer des manuels ? La réponse à cette question est si évidente que ce n'est pas la peine de la formuler.

L. Gayme termine son billet par une question sur le métier d'enseignant, la répartition de ses tâches dans son temps de travail. S'il utilise massivement les Tice il risque comme de nombreux autres travailleurs de travailler sans cesse, y compris et surtout chez lui, dans le train... d'autant plus que ses obligations de service physique dans l'établissement sont faibles. Rien ne viendra alors arrêter son travail, si ce n'est sa propre volonté. Il s'agit là de tout un apprentissage, qui dénote une certaine maturité dans l'usage des outils technologiques mobiles et nomades. Mais il faut sans doute passer par une phase de trop-plein avant de trouver le juste équilibre.

Pas d'agggiornamento sans les TICE. Laurent Gayme, 6 septembre 2011

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