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Comment les étudiants québécois perçoivent-ils les TIC à l'université ?

Les étudiants québécois apprécient l'usage des TIC, et insistent sur le fait qu'elles apportent le maximum de bénéfices quand les enseignants les intègrent vraiment à leurs cours.

Par Alexandre Roberge , le 25 septembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 26 septembre 2011

Les études se suivent et ne se ressemblent guère. Voici quelques semaines, nous évoquions les résultats plutôt négatifs de l'appréciation de l'enseignement à distance par les étudiants canadiens. Cette semaine, voici deux nouvelles enquêtes qui apportent des résultats bien différents.

Le dernier numéro de la  Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire (RITPU) traite en effet de la perception des TICE par les étudiants, au travers de deux articles qui vont sans doute beaucoup intéresser les enseignants et responsables Tice francophones, et québécois en particulier. 

Les TIC en complément au présentiel

 

Le premier article rend compte d'une enquête menée auprès de 10 000 étudiants de l'Université de Montréal et de l'Université du Québec à Montréal. Il s'agissait de recueillir leur opinion sur toutes les technologies de communication et d'information utilisées dans le cadre universitaire.

Le point de vue des étudiants à l’égard des TIC est très positif et beaucoup d'entre eux apprécient les dispositifs intégrés aux cours. Par exemple, ils jugent favorablement les dispositifs de mise en ligne et les renvois vers des sites externes, même s'ils critiquent parfois le contenu de ces sites. Ils utilisent régulièrement leur adresse de courriel fournie par l'université et les logiciels de présentations. Certains (mais pas la majorité) voient les plateformes de FOAD comme des éléments intéressants. En revanche, une très large majorité d'étudiants n'apprécie pas les blogues et les forums internes, qu'ils  considèrent comme artificiels et déclenchant peu de réels échanges entre eux. 

Le principal attrait des TIC pour ces étudiants est de leur faciliter l'accès à l'information. Ils citent ensuite : 

  • l’accélération de l’apprentissage (via les plateformes de cours intégrées)
  • la communication (étudiant-professeur d'une part, entre pairs d'autre part)
  • le partage de savoirs (sur les blogues, en particulier)
  • l’approfondissement des apprentissages
  • l'accroissement de leur motivation pour le cours et les travaux 
  • le soutien dans le processus d’évaluation.

 

Mais attention : ces points positifs n'existent que si les enseignants s'approprient et utilisent vraiment les outils, de manière naturelle. Les étudiants ne se privent pas de critiquer un enseignant qui ne répondait quasiment jamais à ses étudiants par courriel, alors qu'il les avait encouragés à communiquer de cette manière. 

La comparaison entre cours en ligne et cours en présence

 

Un deuxième article de la revue expose les résultats d'une enquête menée auprès de deux groupes d'étudiants en marketing à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Un groupe a suivi le cours classique en présence, alors que le second l'a suivi exclusivement en ligne. Les deux groupes recevaient le même  matériel de cours et les étudiants participaient à la même évaluation à la fin du cours. Le but de l'étude était de savoir si l'un ou l'autre dispositif d'enseignement se montrait plus efficace. 

Les deux groupes ont obtenu des résultats identiques, sauf lors de la dernière évaluation, où l'avantage (très léger) est allé au groupe ayant suivi l'enseignement en présence. D'où l'on pourrait conclure que l'enseignement en ligne défavorise les étudiants, ce qui serait faux : en effet, l'article précise qu'il manquait un élément essentiel au dispositif en ligne, à savoir un canal de communication entre l'enseignants et les étudiants... Ces derniers ont donc du se débrouiller seuls. Un point qui ne manquera pas d'étonner, compte-tenu de la profusion d'outils de communication dont sont équipées les plateformes depuis longtemps. 

L'auteur de l'article l'admet, l'étude réalisée a privilégié le quantitatif plutôt que le qualitatif. Ceci dit, les résultats obtenus par le groupe ayant étudié en ligne sont très honorables et seraient encore meilleurs si l'enseignant avait pris conscience de son rôle, qui ne disparaît pas dans ce type de dispositif. 

Ce numéro de la RITPU montre donc que les étudiants québécois soutiennent la volonté des acteurs académiques d'utiliser mieux et plus largement les TIC. Mais l'adoption d'une approche efficace prend du temps, dans la mesure où il s'agit de modifier en profondeur les pratiques et les croyances sur lesquelles se fonde l'enseignement supérieur depuis des décennies.

Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, Volume 8 - Numéro 3, 2011, PDF, 36p.

Illustration : Université de Montréal. Photo Philippe du Berger, Flickr, licence CC-BY-2.0

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