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Apprendre à distance : de l'activité solitaire au sport d'équipe

Internet a la capacité de transformer les étudiants en mollusques, heureusement que ceux-ci ont la capacité de réagir.

Par Denys Lamontagne , le 04 octobre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 02 novembre 2011

La façon de délivrer la formation à distance a beaucoup évolué en 10 ans. Du service palliatif en passant par l'accommodement, on en arrive aujourd’hui à une hybridation multi-forme intégrée à la formation régulière.

Mais on assiste aussi à un changement de philosophie. Les usages antérieurs de la formation à distance étaient presque par définition des usages marginaux. Par choix ou par obligation, ceux qui prenaient des cours à distance étaient généralement dans des situations sociales d’exception : voyage, maladie, échec scolaire, minorité religieuse, marginal, poursuite d’un intérêt personnel, etc. Des situations et des gens «hors du cadre».

La formation sociale

 

Et c’est précisément ce qui distingue une activité physique normale d’un sport : l’élément social.  Marcher pour se rendre à son travail n’est pas un sport, même si beaucoup de gens marchent. Pour en faire un sport il faut lui déterminer un cadre, la «normaliser» dans un contexte social commun, établir des mesures, des règles, pour en arriver à une référence précise qui porte le nom du sport en question, comme «marche olympique».  Autrement on pratique une activité, pas un sport.

Ce qui se passe actuellement est que la formation à distance entre dans une ère sociale : on se réunit autour d’un sujet d’intérêt commun, on partage des informations, des stratégies, on effectue des activités communes et on s’insère dans un cadre social plus large, au travail comme à l’école.  Des attentes précises sont formulées en termes de contenu et de délais. La formation à distance est tenue de les respecter et par le fait même s’insère de plus en plus étroitement dans le tissu social; de rustine elle devient trame.

Il existe plusieurs logiciels et services mobiles intégrés aux sites sociaux pour les sportifs (comme Nike+GPS) ; ces outils diffusent automatiquement leurs entraînements et leurs performances sur le réseau. Ainsi tous sont au courant des activités de chacun et peuvent s’encourager et se commenter mutuellement... du pur social.

Ce genre de pratique est quasi intégré aux formations en ligne; souvent les participants n’attendent même plus avant de se créer un groupe dédié sur un réseau social.  Dans ce contexte, la majorité des étudiants n’est plus solitaire mais sociale. On voit ce que les autres font, où ils se situent, comment, quand et avec qui on peut collaborer, etc. Même l’entraineur ou le tuteur peuvent s’en mêler.

Les valeurs de notre culture se retrouvent dans le sport : performance, compétition, dépassement, élitisme, esprit d’équipe, entrainement et bien d’autres.  À mesure que la formation à distance se socialise, plus elle prend les valeurs de la société... y compris l'hygiène de vie !  

Finalement on peut juste s'encourager à faire du sport en plus de ses études : les sportifs réussissent mieux en formation à distance que les sédentaires. Ils dorment mieux, sont plus concentrés, plus disciplinés, ont plus de vitalité et sont en moyenne plus heureux. Avec la formation en ligne, ils ajoutent maintenant les contacts.

Un jeu français comme «Coach to Exam» (français!) sur Facebook, illustre au mieux ce phénomène.  Internet a la capacité de transformer les étudiants en mollusques, heureusement que ceux-ci ont la capacité de réagir.

Illustration : Ciaran Bohan, Flickr, licence CC BY-NC-SA 2.0

 

 

 

 

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