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La radio, le plus actuel des médias de masse

Par Christine Vaufrey , le 10 octobre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 09 novembre 2011

La radio est un médium ancien, l'un de ceux que l'on aurait pu voir copieusement secoué par la vague numérique, au même titre par exemple que la presse écrite.

Eh bien, pas du tout. La radio est en forme, en grande forme même, car elle est souple, plastique, elle se faufile partout et nous suit dans toutes nos aventures.

Le média d'accompagnement par excellence

 

La radio est "le média d'accompagnement par excellence", nous rappelle la régie publicitaire belge IP, dans sa revue Backstage de décembre 2010. De la réunion familiale autour du gros poste à lampes de jadis, nous sommes passés au transistor à piles à emporter partout avec soi puis à l'autoradio, pour arriver aujourd'hui à la radio diffusée sur Internet intégrée à nos objets numériques (ordinateurs, téléphones mobiles). Mieux encore, les grilles horaires de la radio ne représentent plus une contrainte, puisque nombre d'émissions sont téléchargeables sous forme de podcasts, autorisant chacun à se confectionner son propre programme. 

Le poste de radio reste néanmoins le support préféré d'une énorme majorité d'auditeurs, quel que soit leur âge, lorsqu'ils écoutent la radio chez eux. Mais ce n'est plus un support exclusif : dans son étude Les tendances de l'écoute de la radio dur la période 2003-2008, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel français souligne qu'une dizaine de supports de réception sont désormais utilisés. La presse écrite n'est certes pas aussi bien pourvue en supports de lecture.

Autre qualité essentielle de la radio : elle autorise le multitâche. C'est ce qui fait son succès auprès des jeunes, qui sont également les plus nombreux à l'écouter sur leurs appareils mobiles. On peut marcher, conduire, lire, travailler, se laver... en écoutant sa radio, et on le fait d'ailleurs très fréquemment. Essayez d'emporter votre journal favori sous la douche, vous verrez la différence. L'écoute de la radio en voiture est d'ailleurs une activité largement appréciée : "la voiture constitue un environnement unique d'écoute de la radio : c'est un univers personnel pour le conducteur. La radio lui permet d'avoir une compagnie pendant son trajet, de rester informé, de se divertir. de plus, il est particulièrement attentif pendant ce moment d'écoute". Tous ceux qui ont testé l'écoute des stations de nuit pendant un long voyage, ou l'écoute d'une émission littéraire au milieu des embouteillages de six heures le soir, en conviendront.

La radio est aussi accessible via Internet, ce qui a largment développé son usage sur le lieu de travail. Après le pic d'audience de la tranche matinale de 7 - 8 heures, qui constitue le prime time des radios généralistes, l'écoute reste très stable tout au long de la journée, note Médiamétrie en France. Ce qui signifie bien que la radio accompagne là encore d'autres activités, le travail en particulier, l'ordinateur constituant le support à la fois le plus pratique et le plus discret. 

Un média de masse qui joue la carte de la fidélisation

 

De façon plus étonnante à première vue, la radio s'est aujourd'hui installée dans les baladeurs MP3 et les téléphones. Non seulement leurs propriétaires écoutent-ils des émissions téléchargées, mais aussi des émissions en direct. Ce qui ne manque pas d'étonner le rédacteur de Backstage : "Les objectifs de la radio et du MP3 sont, à la base, complètement différents. La radio permet à l'auditeur de découvrir de nouvelles chansons là où le MP3 ne fait que diffuser de la musique présélectionnée. La radio permet de s'évader, de s'ouvrir au monde alors que le MP3 invite à se retrouver soi-même". Nous ne serons pas aussi affirmatifs, dans la mesure où, d'une part, nombre de radios ne jouent pas du tout la carte de la découverte mais plutôt celle de la diffusion des mêmes chansons plusieurs fois par jour; où, d'autre part, l'écoute d'une radio est un élément constitutif fort de l'identité de l'auditeur. Les auditeurs nomades sont en effet très peu nombreux : "Le phénomène de zapping est très limité en radio et 'l'auditeur exclusif' reste le modèle dominant car près d'un auditeur sur deux est un 'auditeur exclusif' (...). Les zappeurs les plus déclarés, c'es-à-dire ceux qui écoutent quatre stations et plus, ne représentent que 6,7 % des auditeurs", lit-on dans la lettre du CSA mentionnée plus haut. 

Disponibilité permanente, multiplicité des supports, mobilité, fidélisation, personnalisation des programmes grâce aux podcasts : la radio serait-elle la plus moderne de nos technologies de l'information ? 

Multiplication des supports d'écoute de la radio : quelles évolutions ? Backstage n° 30, décembre 2010, IP Marketing (Belgique)

Les tendances d'écoute de la radio sur la période 2003-2008. La lettre du Conseil supérieur de l'audiovisuel n° 228, Juin 2009 (France)

Illustration : Grace Kat, Flickr, licence CC BY-SA 2.0

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