Articles

La reconquête du prestige de la profession d’enseignant

Quand les meilleurs sont attirés ailleurs, il reste ceux qui poursuivent une vocation et les autres.

Par Denys Lamontagne , le 09 octobre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 12 octobre 2011

Dans cet argumentaire graphique de «Online Education» on trouve à la fois un portrait de l’état de l’éducation et de la situation des professeurs aux États-Unis.  

Mis en parallèle avec les tableaux de l’OCDE sur les salaires des professeurs, le nombre d’heures de travail, le nombre d’enfants par prof, on s'aperçoit qu’il n’y a guère de relations qui tienne entre ces variables sinon que globalement les coûts de l’éducation augmentent surtout parce qu’on réduit la taille des classes et non parce que l’on hausse la paye des professeurs au delà du taux l’inflation.

Ajoutons à ceci que le nombre d’enfants diminue dans la plupart des pays et qu’un nombre important de professeurs vont bientôt prendre leur retraite et nous avons un là un bon sujet de débats pour quelques années.

Des pays comme la Finlande ne paient pas proportionnellement beaucoup mieux leurs professeurs et leurs coûts par étudiant sont dans la moyenne des pays riches. Tout comme le nombre d’enfants par classe ou le nombre d’heures enseignées.  S’il y a des facteurs qui expliquent le succès de la Finlande il faut chercher ailleurs que dans les chiffres.

L’argumentaire graphique fournit une piste intéressante : l’attractivité de la carrière de professeur et l’autodiscipline de la profession.

Attractivité : Wow ! «Professeur» !


Il y a 40 ans un professeur débutant gagnait presqu’autant qu’un avocat ou un ingénieur. Le professeur était socialement considéré.  Aujourd’hui, il gagne beaucoup moins et son prestige presque absent.  Quand on a fait autant d’études, pourquoi aller enseigner et se faire encadrer dans un système rigide, critiquer, etc... alors que l’on peut gagner plus et jouir de plus d’autonomie dans bien d’autres milieux qui exigent des études équivalentes.  Ainsi l’attractivité de la profession, autant financière que sociale, est en chute dans plusieurs pays avec pour conséquence un bassin réduit de recrutement de professeurs.

Des pays comme la Finlande. la Corée du Sud et Singapour engagent 100 % de leurs professeurs parmi le tiers supérieur des étudiants qui réussissent. On leur offre de bons salaires en commençant et des conditions de pratique optimales. Ainsi ces étudiants qui excellent deviennent des professeurs.

Dans des pays comme les États-Unis, près de 50 % des professeurs sont recrutés parmi le tiers inférieur des étudiants qui complètent leurs études : la paye de départ est faible et les conditions de pratique... aléatoires. Les borgnes guideront les aveugles. De plus, il y est quasiment impossible de révoquer le permis d'enseignement d'un professeur. C'est la seule «profession» à ne pas pouvoir le faire.

La reconquête du prestige


Autrefois peu de gens pouvaient enseigner; le professeur était à la fois le dépositaire du savoir et le transmetteur. Les livres et les références étaient rares.  Avec Internet, le professeur n’est plus le dépositaire du savoir et il n’a plus non plus le monopole de la transmission.  La capacité de mobilisation d’un groupe d’élèves est plus puissante que lui et des pans entiers de savoir sont disponibles en tout temps et intégralement dans Internet.

Que reste-il de son rôle ? Quels sont les éléments d’une tâche qui ne sont pas courants, qui peuvent faire l’objet d’une profession et qu’on ne trouve pas dans Internet ?  La réponse tourne autour de l’animation et des conditions d’apprentissage.

Justement, la mobilisation d’une classe ou la motivation des individus est un défi permanent. La création et la conservation de l’intérêt pour des sujets à apprendre; l’apport et l’enrichissement des sujets, la construction de la cohérence dans la dynamique des classes et des individus, le suivi, le coaching, etc.  Tout ce qui fait de l’école un milieu de vie stimulant et intéressant, voilà le rôle de prestige du professeur, celui que des jeunes voudront aussi faire plus tard.

La formation en ligne peut contribuer à cette reconquête en déchargeant le professeur des fonctions de transmission et de répétition. Le professeur conserve celles d’animation, de discussion, de stimulation et d’accompagnement de ses étudiants.  Celles qui comptent véritablement, les fonctions humaines.  Tout comme les pratiques de collaboration entre professeurs et entre élèves. Voilà pourquoi il est esentiel que les professeurs acceptent et intègrent à leur pratique la formation en ligne et les TIC. Le temps de classe finalement utilisé à l'intégration plutôt qu'à la transmission.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné