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De la fracture à la facture : les efforts de l'Afrique pour se connecter

Plusieurs publications récentes s'intéressent à l'impact de l'Internet en Afriique.

Par Louis-Martin Essono , le 17 octobre 2011

On se souvient peut-être des résultats d'enquête sur les TICs et l'éducation en Afrique publiés en 2007 par infodev, qui montrait qu'Internet avait de bonnes chances de se généraliser à l'ensemble du continent. Cette enquête posait un certain nombre de questions-clés : comment utilise t-on les TIC dans le secteur de l’éducation en Afrique, et quelles sont les stratégies et politiques relatives à cette utilisation? Quelles sont les contraintes et défis communs que les pays africains doivent affronter dans ce domaine? Et, enfin, que se passe-t-il réellement sur le terrain, et dans quelle mesure les bailleurs de fonds sont-ils impliqués ?

 

Une publication de l'Unesco sur les TIC et l'éducation

Depuis cette époque, d'autres rapports rappellent le potentiel des TIC et se font l'écho des avancées. C'est le cas d'une étude récemment publiée en anglais par l'Unesco, intitulée Transforming education : the power of ICT policies

Cette publication, qui résulte d’un programme d’étude, de consultation et d’échange sur les politiques examine en effet les politiques, programmes et expériences élaborés dans un certain nombre de contextes régionaux et développementaux – Jordanie, Namibie, Rwanda, Singapour et Uruguay et vise à fournir des informations utiles sur les défis et approches contemporains des politiques publiques relatives à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’éducation. L’ouvrage de 244 pages est subdivisé en huit chapitres. On en trouve ici un bref résumé.

Mais l’arrivée de l’Internet ne peut valablement favoriser le développement intégral des populations que si l’info-densité est satisfaisante. C’est sur ce plan qu’intervient la notion très en vogue de fracture numérique aussi bien entre le Nord et le Sud qu’entre les quartiers d’une même ville et entre les villes et les villages.

 

Câbles et satellites pour améliorer l'accès

C'est un fait, le taux de connexion dans les différents pays d'Afrique croît rapidement. Mais il ne faut pas pour autant croire que tout est réglé :la revue Afrique-Avenir souligne que, à l’heure actuelle, seulement 5% de la population africaine utilise internet. Des études indépendantes prévoient que dans les prochaines années, la demande africaine en services satellitaires va croître de 5,9% par an. Les services de télécommunications satellitaires sont intéressants pour les populations qui ont absolument besoin d'être connectées, mais qui n'ont pas d'autres moyens d'y accéder, comme c'est le cas dans plusieurs régions d'Afrique. Ces satellites sont une source de création d'emplois et de richesses, en particulier dans l'e-banking, l’e-gouvernance, les télécommunications, la radiodiffusion et l’e-commerce.

À ce sujet, justement, la fracture numérique ne peut se réduire que si l’ensemble des pays est pris dans la toile. La République du Congo a récemment rejoint la liste des pays connectés au câble sous-marin. L’Afrique elle-même, par le Nigéria, se dote de satellites spécifiques permettant la réduction de ce fossé, et en complément de Rascom qui se déploie sur l’Afrique.

Pourtant, la fracture n'est pas encore prête de se refermer, comme le soulignent Laurent Piolanti & Sophie De Herdt dans une étude dense consacrée à La fracture numérique : Afrique, Bilan et États des lieux. Cette étude montre aussi que Internet est un vecteur incontournable du développement, parce qu’il permet de combler à moindre coût les carences énormes en terme d’accès au savoir, de prévention sur les thèmes vitaux de l’hygiène et de la santé.  Parce qu’Internet est une fenêtre ouverte sur le monde

On apprend également dans l'étude que l’arrivée des câbles comme Ace est nécessaire  pour relier l'Afrique à l'Europe, offrant ainsi un débit en bande passante 1500 fois supérieur à SAT-3 qui continuera de fonctionner en parallèle. Ce nouveau câble en fibre optique longera toute l'Afrique de l'ouest sur plus de 17 000 km, desservira vingt-trois pays qui ne disposent pas d'un accès à la mer, via un câble terrestre.

L’étude, bien documentée et fort illustrée de cartes et de tableaux, établit un véritable état des lieux et analyse les difficultés que rencontre le continent dans ses efforts de réduire la fracture et la facture. On la lira avec intérêt, sachant toutefois qu'elle fait la part belle aux entreprises françaises.

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