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L'apprentissage informel : la partie immergée de l'iceberg

Nous apprenons beaucoup plus des situations de travail que des moments spécifiquement dédiés à la formation.

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 18 octobre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 06 avril 2012

Le numéro de juin 2011 de Débat formation, le magazine interactif de l'Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) est consacré à l'apprentissage informel défini, à la suite du Mémorandum sur l'éducation et la formation tout au long de la vie de la Commission européenne comme étant cet apprentissage qui "peut ne pas être reconnu par les individus eux-mêmes comme un apport à leurs connaissances et à leurs compétences".

D'une manière générale, l'apprentissage informel se déroule en-dehors des cadres dédiés à la formation, d'où sa nature informelle. Mais pour qu'il reste informel, cet apprentissage doit être sans intentionnalité et ne doit déboucher sur aucune certification. En se plaçant dans cette perspective, il est notable qu'une majeure partie de nos connaissances nous proviennent de ce type d'apprentissage et ceci nous est souvent méconnu, faute d'une mise en oeuvre systématique d'une démarche de métacognition ou d'auto-évaluation de notre parcours d'apprenant continuel.

Tenir compte de l'apprentissage informel

Dans le premier article du dossier "Le gisement des savoirs informels" paru dans ledit magazine, Denis Cristol, directeur de la formation continue à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, jette un pavé dans la mare tranquille de la formation formelle : "On ne peut plus prétendre organiser et transmettre les savoirs comme si Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas. Dans un environnement foisonnant d’informations plus ou moins pertinentes ou exactes, mieux vaut développer l’esprit critique qui permettra à chacun d’apprendre en partant de ses besoins et de sa situation".

En clair, les formateurs se doivent de tenir compte de l'environnement des apprenants ; ces derniers étant en contact plus ou moins permanent avec des flux d'informations dans lesquels les connaissances acquises au final sont sélectionnées.

Olivier Bataille, auteur de Les apprentissages professionnels informels paru en 2010 aux Editions l'Harmattan va plus loin et suggère une "formalisation des apprentissages informels". Chacun appréciera... En guise d'exemple de mise en oeuvre de cette valorisation des savoirs informels en entreprise, il préconise de "généraliser un portefeuille de compétences – comme le système du portfolio au Québec –, afin de formaliser les apprentissages informels que les travailleurs ont « emmagasinés »".

Un reportage sur le Maroc, paru dans le magazine, nous informe de cette expérience de valorisation des acquis de l'expérience  dans le secteur du BTP conduite avec l'assistance technique de l'AFPA. Preuve s'il en était besoin que la certification des apprentissages informels est possible.

Le numéro 10 de juin 2011 de Débat formation est en accès libre en ligne pour lecture ou téléchargement au format pdf.

Télécharger : Débat Formation, numéro 10, juin 2011 : Le gisement des savoirs informels. (pdf)

Débat Formation, les anciens numéros.

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