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L'apprentissage de l'écriture à l'ère d'Internet

Une analyse de l'institut français de l'éducation : Apprendre à écrire, du mot à l'idée

Par Charles Brisson , le 02 novembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 27 août 2012

On dit, à gauche et à droite, et un peu partout ailleurs, que les jeunes ne savent plus écrire. Cette opinion est possiblement plus révélatrice de la façon dont les plus vieux - les non-jeunes pourrait-on dire -  ont appris à écrire que de la réalité. En effet, et c'est particulièrement vrai pour le français, une langue souvent qualifiée de riche et complexe, on apprend (encore trop) souvent la graphie, la grammaire et l'orthographe plutôt que la production d'écrits. La grammaire descriptive étudie les règles qui régissent une langue donnée et permettent de construire des énoncés reconnus corrects par les locuteurs natifs de cette langue. La production écrite, elle, consiste à transformer des informations référentielles en une trace linguistique linéaire, respectant une visée communicative. De connaître la grammaire n'est point une assurance de pouvoir produire de écrits.

L’apprentissage de l’écriture à l’école est une activité qui concerne d’emblée toutes les dimensions de l’écrit, qu’elles soient linguistiques, culturelles ou sociales. Et c'est ce qui rend cet apprentissage si difficile et long - quelques 20 ans sont nécessaires pour apprendre à écrire.

Marie Musset, chargée d’études et de recherche au service Veille et Analyses à l'Institut français de l'éducation (IFÉ), a publié en mai 2011 un fascinant dossier sur l'apprentissage de l'écriture : « Apprendre à écrire : du mot à l'idée ». Le dossier est divisé en trois grandes sections : "Produire des écrits : une tâche complexe", "Produire des écrits à l'école : entre norme et créativité" ainsi que, et ça se rapproche davantage de nos préoccupations, "Produits des écrits scolaires à l'heure du numérique".

 

Les jeunes écrivent plus, et publiquement

 

Et si les jeunes n'écrivaient pas plus mal que leurs aînés mais simplement plus ? La montée des médias électroniques, le web 2.0 où le contenu vient en grande partie des utilisateurs eux-mêmes, la communication qui se fait de plus en plus écrite - SMS, forums, clavardages, réseaux sociaux, etc. incitent à écrire, beaucoup plus qu'auparavant, dans la vie sans Internet On peut avancer sans crainte qu'une forte majorité de jeunes écrit et que ce qu'ils écrivent est d'abord et avant tout de nature publique. Et ça, c'est un phénomène indéniable et une tendance de fond dont on devrait se réjouir. Pas si sûr que la maîtrise de la langue par les jeunes était meilleure il y a une ou deux générations mais chose certaine, leurs écrits n'étaient pas exposés comme ceux des jeunes d'aujourd'hui le sont.

Encore faudrait-il, peut-être, canaliser cette production afin de l'améliorer. Il faut, en outre et c'est le cas à l'école, cesser de voir le langage utilisé sur supports électroniques comme une langue déviante mais piutôt comme une variation de celle-ci. "L’école devrait utiliser ces caractéristiques pour faire réfléchir les élèves aux écarts morphosyntaxiques entre le français standard et sa variante électronique."

À voir également, pour se convaincre que les jeunes peuvent bien écrire : le wikipédia francophone des 8-13 ans, Vikidia. Pas entièrement écrit par les jeunes mais le contenu leur est adressé et on sent leur implication dans les sujets et la présentation quand ce n'est pas directement dans le texte.

Apprendre à écrire : du mot à l'idée» Marie Musset. IFÉ, Dossier d’actualité Veille et analyses, n° 62, mai 2011

À consulter aussi, "L'émergence de l'écrit ou l'éveil du jeune enfant à la lecture et à l'écriture" de Jacqueline Thériault.

Illustration : Deutsches Bundesarchiv (German Federal Archive), Wikimedia Commons, Licence CC BY-SA 3.0

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