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Qui va corriger les textes numériques ?

Les correcteurs sont en voie de disparition. Doit-on se résoudre à lire et à produire des textes bourrés de fautes et de coquilles ?

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 01 novembre 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 30 novembre 2011

La correction est l'un des circuits importants de l'édition traditionnelle. Le livre, support papier, que nous tenons entre nos mains fait l'objet avant impression de lecture et de relecture, par un comité ou par des personnes préposées à cette tâche. Qu'en est-il à l'heure du numérique ? La réponse à cette question nous est apportée par un billet intéressant rédigé par Hubert Guillaud, rédacteur en chef d'InternetActu.net qui se fait l'écho des travaux d'un atelier organisé dans le cadre de la quatrième édition du BookCamp de Paris.

La correction à l'heure du numérique

L'économie de la correction a déjà disparu, révèle Guillaud, qui s'appuie sur des exemples concrets : le licenciement des correcteurs, la suppression de leurs postes dans les maisons d'édition, et souvent, leur remplacement par des logiciels de correction.

"Dans la plupart des maisons d'édition, déplore Abeline Majorel (une animatrice du BookCamp4, ndr), les correcteurs ont été remplacés par Pro-Lexis, le logiciel de correction orthographique, grammaticale et typographique qu'utilise massivement l'édition. Chez certains éditeurs, il n'y a plus d'intervention humaine. Et même quand il y en a encore, elle ne permet pas toujours d'éliminer toutes les erreurs".

En réaction à ce qui ouvre la voie à des "énormités linguistiques" et constitue à terme une déchéance pour l'édition, des initiatives indépendantes de correction ont vu le jour, le Comité de lecture, par exemple. "Une association de lecteurs bénévoles qui produit pour chaque lecture acceptée un retour de lecture argumenté, pointant les incohérences, les fautes, offrant une appréciation de lecture argumentée, mais bienveillante".

Il y a aussi les forums de correcteurs, comme LangueFrançaise, dont la charte d'utilisation en dix points témoigne de la résistance de certains milieux à l'écriture numérique, ce dernier adjectif étant ici synonyme de "relâchée". Morceaux choisis : "Je me souviendrai... que j'ai un clavier comportant toutes les lettres de l'alphabet, le e compris, et je n'écrirai pas dans le code SMS, même si je le mtriz parftmt". Ou encore : "Je me souviendrai... qu'en français email se dit courriel et que ce n'est pas une preuve de culture de mélanger les langues".

Enfin, voici une piste qui pourrait sauver l'édition : c'est la correction post-publication, qui est déjà expérimentée. Elle consiste à inventer un circuit de correction avec un noyau de lecteurs fidèles qui font remonter les fautes d'orthographe, de grammaire et de typographie aux maisons d'édition. Ces dernières se chargeant d'intégrer les corrections dans la perspective d'une ré-édition. Et lorsqu'il s'agit d'un livre électronique, la version révisée est automatiquement mise à disposition du public. une alternative au circuit classique d'édition qui prend acte d'une des règles d'or de l'édition numérique : "Publier tôt - Mettre à jour souvent".

On peut imaginer qu'une pareille piste soit explorée par tous les producteurs de contenus numériques, quelle qu'en soit l'envergure. Et c'est tout bénef pour tous !

Lire :

#BookCamp4 : L'économie de la correction. Hubert Guillaud. 26 septembre 2011.

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