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Cameroun : Le couple présidentiel inaugure la connexion Internet au lycée

Par Louis-Martin Essono , le 02 décembre 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Vendredi dernier, deux élèves particuliers suivent le fonctionnement d’un ordinateur et les principes de la connexion par Internet. Mme Biya et son président de mari admirent les lycéens en navigation à travers les 132 ordinateurs acquis et les équipements des deux centres de ressources multimédias que les gouvernements camerounais et canadiens ont offert aux petits Camerounais en vue d’ouvrir l’enseignement secondaire aux Ntic.

Cinq serveurs et des pentiums flambant neuf, des scanners et des imprimantes dernier cri font des jaloux parmi les universitaires qui ont visité les deux imposants centres de ressources devant accueillir, chacun, les 8000 élèves du Lycée Leclerc et du Lycée Bilingue de Yaoundé. Un système de rotation de 4 heures par quinzaine a été instauré, permettant aux tout jeunes élèves, de travailler en binôme sur un poste, et encadrés par des moniteurs préalablement initiés et formés aux Ntic.

Au cours de cet événement, deux informations ont fait plaisir. Non seulement toutes les Provinces du pays abriteront des Lycées connectés, mais le développement du Télé-enseignement va y connaître une accélération inédite. Et pour cause. La massification de l’enseignement et les conséquences de l’élection du Cameroun à l’initiative des Pays pauvres Très Endettés (PPTE)conduisent à la mise sur pied de cet engagement déjà exigé par la Banque Mondiale, affirmé et promis par le Cameroun dans les projets sociaux devant bénéficier de la remise de la dette.

Le Cameroun, encore propriétaire de nombreux analphabètes, compte moins de 5000 enseignants de français ayant reçu une formation initiale dans la seule École normale supérieure du pays. L’ouverture de nombreux centres de formation des maîtres n’a pas permis encore de pallier le déficit d’enseignants. La misère des citoyens, les salaires de catéchiste des enseignants de tous les ordres détournent les enfants de l’instruction. La remontée économique et le très léger et très contesté réaménagement des primes attendu en janvier prochain permettent de penser que les enseignants se remettront plus consciencieusement à l’oeuvre.

Le besoin de formation continue des enseignants en exercice depuis des années, l’amélioration de leur carrière et celle des maîtres préparant le concours à l’E.N.S., commande aussi l’instauration de la formation à distance dont la politique avérée est annoncée dans l’enseignement secondaire et maternel et dans de l’enseignement technique. La cohérence avec l’enseignement supérieur va enfin être assurée pour huiler l’ensemble du système éducatif camerounais en modernisation.

Le président de la République a annoncé la deuxième bonne nouvelle : la création de l’Antic, Agence nationale des nouvelles technologie. L’antic permettra, dans la plus grande transparence, de progresser dans ce domaine dans l’ensemble des institutions. L’oxymoron avec l’acronyme a plu. Et fait suite à la création, deux jours plus tôt par le Décret n° 2001/1032/PM du Premier Ministre d’un Comite ad hoc, chargé de l’élaboration d’une stratégie nationale de développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il sera souhaitable que ce Comité, qui a pour mission de définir la stratégie pouvant permettre aux administrations publiques et institutions privées, une meilleure intégration et une appropriation des innovations scientifiques dans les domaines de l’information et de la communication complète efficacement le Pagsis et que les équipements acquis dans les lycées servent véritablement aux élèves.

Jouxtant le club Internet, le centre de ressources a l’avantage d’être obligatoire parce que les Ntic sont devenues une discipline. Mais les coûts de connexion au Club Internet demeurent élevés pour les lycéens qui présentent un engouement extraordinaire pour l’informatique et Internet qu’ils assimilent le plus naturellement du monde. Ces outils devront être rapidement suivi de la concrétisation des promesses faites, à l’exemple de la mise sur pied d’une politique ferme de télé-enseignement. Pour que les détracteurs du Président ne pensent pas, comme on le lit, qu’il s’agit d’une campagne électorale.

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