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20 % du temps pour ses projets personnels : pourquoi pas en classe ?

Laisser 20 % du temps de cours aux élèves pour qu'ils apprennent ce qu'ils souhaitent et comme ils le souhaitent, voilà le pari hardi d'un enseignant américain.

Par Christine Vaufrey , le 16 janvier 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 15 février 2012

Lorsqu'ils quittent l'école secondaire, les élèves aspirent avant tout à une chose : faire ce qu'ils ont envie de faire, et pas ce qu'on leur demande de faire. D'où, d'ailleurs, la difficulté de certains d'entre eux à s'acclimater au système universitaire qui n'impose pas grand chose. Quand vous êtes à la fac, personne ne viendra vous tirer de votre lit. Simplement si vous y restez, vous avez de faibles chances d'être reçu à l'examen et d'obtenir vos crédits...

Mais entre "ne rien faire" et "faire ce qu'on a envie de faire", il y a une grande différence. Y a -il une place pour l'apprentissage libre dans les études secondaires, notamment pour se préparer à l'université ? Aj Giuliani, professeur d'anglais dans une école secondaire de Pennsylvanie, répond par l'affirmative.

L'intérêt, en termes de créativité, d'une plage de travail non prescrit a été largement démontré par l'entreprise Google. Les employés peuvent consacrer 20 % de leur temps à développer les projets de leur choix, dans le cadre de leur fonction. Par exemple, Blogger et Gmail sont nés de cet espace de liberté. Il ne s'agit donc pas de ne pas travailler, mais de se consacrer à des projets que l'on trouve intéressants. Dans une vidéo datant de 2004, Larry Page explique que les projets doivent être approuvés par la direction. Il ne donne pas les critères d'acceptation, mais insiste sur le fait qu'à ce stade, il s'agit d'explorer des voies nouvelles, pas d'être immédiatement rentable. 

Aj Giuliani a adopté le même principe dans son cours d'anglais avec les élèves de 11e année (dernière année de l'école secondaire) : 20 % du temps de cours restant dans sa discipline d'ici la fin de l'année, sera consacré à des projets personnels.

Giuliani a décrit l'opération aux élèves en termes succincts :

- Vous devez apprendre quelque chose pendant ce temps, et vous devez documenter votre projet (écrit, audio, vidéo)

- Vous présenterez deux fois votre projet à la classe. Vous ne serez pas évalués.

- Amusez-vous bien, profitez-en.

Aj Giuliani rapporte que certains de ses élèves ne pouvaient pas concevoir qu'il y ait ue possibiité d'activité non prescrite dans le temps de cours. D'autres se demandaient s'il n'y avait pas un piège là-dessous. L'absence d'évaluation formelle en particulier posait problème. Giuliani a expliqué que le but n'est pas d'évauer mais de responsabiliser les élèves. D'où la nécessité de documenter et de présenter le projet, ainsi que de mentionner au moins deux ouvrages ayant été utiles à la réalisation du projet.

L'expérience est en cours, et Giuliani a promis d'en rendre compte régulièrement. l'abondance de commentaires sous son billet montre qu'il sera très attendu.

The 20 % Project (like Google) in my Class. Aj Giuliani, Education is my Life, 4 janvier 2012.

 

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