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Un simulateur qui enseigne à prendre soin des patients

Des enseignants québécois usent d'un simulateur réaliste pour reproduire des situations de patients en milieu hospitalier

Par Alexandre Roberge , le 12 février 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 13 février 2012

De loin, ça n’a l’air que d’un banal mannequin qui sert à apprendre les techniques de réanimation. Un corps de plastique comme tant d'autres. Pourtant, en s’approchant de SimMan (oui, c’est son nom), on entend une respiration difficile. Et voilà qu'il se met à tousser ! Puis, en touchant son cou au niveau de la carotide, on peut sentir battre son pouls...

Au Cégep de Lévis-Lauzon, les étudiants en techniques infirmières de Lise Gignac bénéficient de cette simulation d'un nouveau genre avec un mannequin qui a des réactions plus vraies que nature. Dans un article de Profweb, l'enseignante décrit comment SimMan a changé la façon d’enseigner aux futurs infirmiers.

Pas humain, mais presque

 

L'introduction du mannequin a suivi la modification d’une loi québécoise qui a confié aux infirmières la responsabilité de procéder au premier examen physique du patient venant consulter dans un hôpital. L’usage de cette simulation dernier cri permet donc aux enseignants et étudiants de reproduire des situations proches des véritables cas que l’on peut retrouver en milieu hospitalier.

Certes, SimMan n’est pas humain et pourtant, les étudiants peuvent lui faire subir des examens respiratoires (mouvements de thorax, toux, saturation, etc.), cardiaques (pouls, tracés cardiaques), du système digestif (bruits intestinaux ou de vomissements) et même du système nerveux (dilatation de pupilles, réponse verbale).

Conséquemment, les formateurs peuvent créer de nombreux scénarios où ils peuvent programmer les conditions de départ et les réactions qu’aura le mannequin selon les soins reçus et les gestes des infirmiers en formation. Un procédé qui n’est pas aisé à prendre en main dans les premiers temps, admet Lise Gignac, mais une fois que le programme est maîtrisé, il n’y a presque pas de limites à ce que l’on peut faire.

En général, les exercices de simulation se passent de la manière suivante : l'enseignant remet aux étudiants une feuille avec le nom du patient et une description de son passé médical et des traitements en cours. Ensuite, l’enseignant se place dans une petite pièce à partir de laquelle il peut contrôler le mannequin. Une vitre permet de regarder la salle adjacente, simulation de la chambre d’hôpital où SimMan repose. Pendant tout l’exercice, les gestes des apprenants sont filmés et enregistrés sur l’ordinateur, dans un tableau de synthèse. Ce qui permet ensuite à l'étudiant et à l'enseignant d'identifier les actes qui ont apporté une amélioration -ou pas. 

Selon Lise Gignac, les retours des étudiants seraient très positifs sur cet apprentissage avec le simulateur. Il leur permet de cibler les erreurs et les bons comportements à adopter avec les patients qui seront leur lot quotidien dans leur future carrière d'infirmier. D’ailleurs, le Cégep Lévis-Lauzon n’est pas le seul établissement scolaire québécois à avoir adopté de tels mannequins-simulateurs. L’Université du Québec à Trois-Rivière (UQTR), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et même la base des Forces armées canadiennes de Val-Cartier s’en sont muni. Qui a dit que les simulations réelles disparaissaient au profit des simulations informatiques ? La voie la plus prometteuse semble être celle qui allie le meileur des deux options.

"Simulateur réaliste et interactif au laboratoire de soins infirmiers", Lise Gignac, Profweb, 7 novembre 2011

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