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Alphabétisation en Afrique : une journée semblable à d’autres

Par Louis-Martin Essono , le 08 septembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Ce dimanche, les différents ministères chargés de l’éducation en Afrique ont eu à célébrer une autre journée consacrée à l’alphabétisation. Plusieurs organismes ont dressé le bilan des missions qui leur avaient été confiées. Les gouvernements eux-mêmes ont fait l’état lieux et des perspectives ont été annoncées. La rentrée scolaire dans la plupart de ces pays s’est d’ailleurs effectuée le lendemain même de cette journée.

Au Sénégal et au Burkina, des mesures concrètes sont annoncées. L’introduction des langues nationales, la gratuité de l’enseignement, la massification de l’enseignement. La formation à distance a été instaurée dans quelques régions, notamment au Togo, au Bénin, et surtout, dans les pays du Maghreb où la population scolaire est exponentielle. Le Rwanda et le Burundi n’ont pas connu de progrès dans l’alphabétisation. On imagine bien pourquoi. En république du Congo, en Sierra Leone, au Libéria, en Ouganda, les enfants ont d’autres tâches que celles de se faire scolariser ou alphabétiser.

Dans les autres pays, le refrain sur l’appel à l’aide a encore résonné. Et l’Unesco, qui propose un thème de réflexion fort intéressant, s’en trouve une fois de plus interpellée. J’ai eu l’occasion d’écouter la plupart des messages des responsables de nos ministères chargés de l’enseignement de base. Ces messages se suivent et se ressemblent. 60% d’analphabètes, des écoles à construire, des maîtres à former. Mais, comprenez par analphabète,

tout citoyen incapable de lire une langue véhiculaire internationale

en l’occurrence, le français, l’anglais, l’espagnol ou le portuguais.

Ainsi, les citoyens qui apprennent à lire et à écrire dans leur langue maternelle demeureront à jamais des analphabètes. Seront alphabétisés tous ceux de nos enfants qui ignorent leur langue maternelle et qui présentent une bonne performance en français ou en anglais, quoique leur compétence y soit déplorable comme l’attestent les récentes conclusions des études que viennent de publier les Sénégalais et les Ivoiriens.

En attendant le 8 septembre 2003, nous allons oublier les enfants dans les villages, nous allons promettre monts et merveilles, nous allons obtenir de l’aide de l’Unesco, programmer des stages pour les adminstrateurs scolaires, et présenter le même discours l’année prochaine. En augmentant les chiffres.

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