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La Société de l’Information : entre mythes et réalités

Par Louis-Martin Essono , le 24 novembre 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Plusieurs ouvrages ont circulé à Tunis, lors du dernier SMSI. Beaucoup, faits pour la publicité et pour la réclame, ont été jetés. Certains, au contraire, ont retenu l’attention et ont contribué à la réflexion sur la société de l’information (SI). Cette réflexion épousait de aspects divers et nombreux.

L’ Agence unniversitaire de la francophonie a commandé un ouvrage exceptionnel sur le sujet, sous la direction du discret Michel Mathien. La préface est de Michèle Gendreau-Massaloux. Ce collectif qui examine profondément "La Société de l’Information" comporte un sous-titre

Entre mythes et réalités

qui lui donne toute sa saveur. Une vingtaine d’auteurs, bien connus, se penchent sur des domaines très pointus des Tic et de leurs usages, sur leur épistémologie, sur les rêves que permettent ces outils. la dénonciation positive y est transversale et offre au lecteur la lisiblilité de l’Auf sur la question.

En préface, la rectrice de l’Auf reconnaît que le potentiel des Tic draine un nouveau défi au monde moderne. Le défi d’appréhender cette nouvelle donne et celui d’y adhérer pour accompagner le progrès humain. Surtout que l’apparition des Tic modifie les relations gouvernats-gouvernés et que ces outils sont devenus des vecteurs de la citoyenneté, créant

de facto

, une société de l’information qui transforme aussi les rapports humains à travers une nouvelle utopie.

L’ouvrage s’articule sur quatre parties fort bien introduites par M. Mathien sur le questionnement de cette société en tant qu’elle est soit un espace de partage, soit probablement un espace de domination. Et les ébauches argumentées de responses proviennent en première partie sur trois chapitres concentrées sur "la démarche du Smsi et sur la place des chercheurs". Jeanneret, Bernard et Loneux, abordent respectivement le cadre de la chronologie d’une démarche concernant tous les Etats, la SI comme figure imposée, la pertinence du thème de la SI et de ses enjeusx et enfin la place de la SFIC dans les débats relatifs à la SI.

La 2ème partie, focalisée sur les Institutions et la Société Civile aussi sur quatre chapitres animés par Poirel sur la SI sous le regard du Conseil de l’Europe, et par Pech sur les approches européennes et américaines de la liberté d’expression dans la SI. Santini et Bahu-Leyser examinent tour à tour la mise en oeuvre des villes numériques et le rôle des décideurs publics face aux Tic.

La 3ème partie introduit l’économmie dans le débat puisque JL Fullsack analyse les réseaux des télécoms dans leur cadre économique et Pradié observe la SI comme des industries de la culture; M. Arnaud aborde le problème de la gouvernance dans le processus de normalisation et Perriault celui des espaces publics d’accès au numérique relativement au développement local. Cheneau-Loquay clôture cette partie en recherchant l’adéquation du développement des Tic en Afrique en rapport avec la démarche onusienne.

La dernière partie s’épanouit par le problème des Libertés. Des questions préoccupantes et aiguës relancent avec une vue plus perçante encore la démocratisation d’Internet et ses liens avec le fossé numérique (de la Brosse). Warusfel traite de la liberté d’espression et ses limites dans la SI à travers l’espionnage électronique. C’est dans le même sens que réfléhit Callens pour vérifier si la SI n’est pas une socité de surveillance. Gentot clôture cette série au regard de la Cnil et son expérience de la régulation de l’information.

Le parcours de la SI de Genève à Tunis est sobrement, mais efficacement retracée par A.M. Laulan qui révèle que le changement réside essentiellement dans la modification de l’intitulé des deux somets. le deuxième est devenu le sommet de la société des savoirs partagés. Laulan révèle aussi que le Groupe des 22 rejette la domination du Nord et se refuse à se voir imposer les normes, les logiciels et la gouvernance conçus au Nord. On peut aussi lire que ceux qui feignaient de déplorer la fracture numérique qu’ils avaient eux-mêmes générée risqueraient d’être acculées à une chute vertigineuses des ventes d’équipements et d’exploitation unilatéralement conçus.

Des lectures savoureuses se délectent en permanence dans cet ouvrage publié chez Bruylant au prix de 35 euros, dans la collection Médias Sociétés et Relations Internationales.

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