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Cameroun : Le télé-enseignement universitaire prend de la vitesse

Par Louis-Martin Essono , le 21 avril 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le Cameroun est en train de réaliser de très grands pas pour l’insertion sociale des technologies d’information et de communication et de leurs applications pratiques dans la vie courante. Il y a deux ans, avec le coup de pouce du ministre camerounais de l’Enseignement supérieur, Jean Marie Atangana Mebara, l’Université de Dschang, à l’Ouest du Cameroun, devenait la toute première institution universitaire à utiliser officiellement le télé-enseignement comme mode de vulgarisation de la science. Des textes clairs et précis accompagnaient cette décision et présageaient du développement de cette opération à travers l’ensemble des Universités d’Etat du Cameroun.

La récente création de l’ANTIC, l’Agence Nationale pour le développement des Tic par le Président de la République semble aussi avoir donné du baume aux universitaires.

L’ Université de Yaoundé 1, devenue un pôle d’activités impliquant fréquemment les Tic, y a consacré, l’année dernière, une semaine spéciale. Il y existe un Centre Universitaire des Technologies de l’Information que fréquentent actuellement près de 85% des étudiants. Le CUTI sert d’appui technologique aux différentes programmations de diffusion de l’information scientifique. L’Université de Yaoundé 1 accueille bientôt un nouveau centre des ressources multimédia. Cent ordinateurs y sont déjà installés en plus de la mise en place de la logistique numérique devant faire fonctionner la bibliothèque virtuelle pour renforcer et étendre le dispositif de l’information et de la recherche. Par le décret présidentiel de 1988 qui l’organise, l’Ecole normale supérieure a pour rôle de recycler, par le télé-enseignement, le personnel éducatif (Inspecteurs, Proviseurs, professeurs et maîtres) dans le but d’améliorer leur carrière et d’augmenter leurs habiletés professionnelles.

Voici une semaine, et bien que travaillant depuis longtemps aux pratiques du télé-enseignement par les Tic, l’ Ecole Polytechnique de Yaoundé vient une fois de plus de frapper un coup en procédant à la création d’un réseau d’acteurs sur l’utilisation des Tic dans les nouvelles formes d’enseignement. C’est pourquoi l’institution universitaire s’est décidée à se muer en un véritable laboratoire des différentes opérations d’expérimentation et d’appropriation du savoir informatique et électronique en ligne et que, mû par la place de son université, le recteur s’est engagé à densifier et à y intensifier l’utilisation des Tic et de la formation à distance. Pour préparer le terrain à la réussite de ce processus qui attend de s’intensifier avec d’autres concepts, un séminaire national s’est tenu à Yaoundé, qui visait la création d’un réseau d’acteurs sur l’utilisation des Ntic dans les formes d’enseignement au Cameroun dont l’éducation ouverte et à distance.

Placé sous le thème "Technologie de l’information et de la communication et formation à distance", ce séminaire national est organisé par l’Ecole Polytechnique de Yaoundé et a regroupé des enseignants-chercheurs des universités de Douala, Buea, Ngaoundéré, Yaoundé I et II, des spécialistes des technologies informatiques et des télécommunications, des professionnels du monde industriel, des administratifs et des partenaires du développement. Ces assises bénéficient de la collaboration de l’ AUF l’Agence Universitaire Francophone et de l’appui de l’ Intif l’Institut Francophone des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Formation de l’ AIF l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie, ainsi que des services de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France.

Le séminaire participe du maillage des intelligences qui s’effectue grâce à un aménagement de réseau de travail par l’exploitation des technologies de l’information et de la communication. Lesquelles "produisent un formidable bouleversement dans notre être-au-monde". C’est une illustration du paysage de la " refondation " à l’envol de l’université de Yaoundé I.

Il se dessine donc au Cameroun une ferme volonté d’introduire la formation à distance dans les universités. Mais, la dotation des ordinateurs aux enseignants et la connexion à l’Internet demeurent encore attendues. Les textes devant réactualiser les structures de l’E.N.S. semblent oubliés. Heureusement, la majorité des chercheurs afflue au CUTI et attend avec impatience et à prix raisonnable, la connexion à la bibliothèque.

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