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Le Glossaire critique de la société de l’information

Par Louis-Martin Essono , le 11 février 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 15 mars 2013

Les francophones passés par ce stand en redemandaient. Parce qu’en fait, à la lecture aisée de l’ouvrage, on a l’impression que l’on n’a pas bien lu la définition d’un terme pourtant usé qui s’emploie tous les jours dans les jargons des nouvelles technologies.

La "Société de l’Information" : glossaire critique tel est le titre de cet ouvrage publié par La documentation française. Ce petit livre de 160 pages, publié en février 2005, rassemble, dit la p.4 de la couverture, "les réflexions de la Commission portent sur les questions liées à l’essence même du concept de la société de l’information et aux contenus, de préférence aux «tuyaux». Le glossaire appréhende les termes fréquemment utilisés pour faire émerger la diversité des approches dont ils font l’objet, en fonction des enjeux qu’ils recouvrent pour les différents acteurs : diversité culturelle, domaine public, droits de propriété littéraire et artistique, éducation aux médias et aux TIC, fracture numérique, gouvernance de l’internet, médiation, mondialisation, etc."

La très riche et féconde introduction, d’une trentaine de pages, clarifie la méthodologie adoptée dans l’ensemble de l’opuscule. Elle rappelle l’historique de la Société de l’Information (SI) depuis sa gestation amérique jusqu’à son actuelle expansion. Cependant, prévient ce texte augural, la SI reecouvre tout à la fois des innovations techniques des contenus, des pratiques des programmes d’action publique et privée. De plus, souligne-t-il, toute technologie étant ambivalente, les fantasmes induits par l’avènement programmé de la SI oscillent entre globalisation et balkanisation, intelligence collective et hyper-individualisme, libération et exclusion, création et uniformisation. Le livre par cette introduction, se propose de répondre à cet imbroglio.

Trois mouvements isotopiques structurent avec cohérence l’opuscule. La genèse de la SI, ses enjeux économiques et les interrogations sur la problématique de ce nouveau champ. Des rappels importants et prémonitoires sur la place des Tic sont affirmés dans ces prolégomènes qui valent un texte fondateur et qui nous plonge ensuite vers la définitions des termes.

Chaque terme-entrée est défini et analysé par les spécialistes de la question. Si la stylistique parle de métaphore usée, on parlera dans cette recension de mots usés qui (re)prennent vie dans le cadre des Tic. Les mots comme accès, communauté, communication, éducation aux médias, e-learning, information, fracture numérique, médiation, norme, réseau, société civile, etc. sont présentés soit par un seul auteur, soit par deux auteurs afin d’en enrichir la connotation.

Les textes de Wolton, de Mounier, Mathien, Laulan, Jeanneret, comme les autres s’installent dans l’esprit qu’ils troublent par leur diaphane clarté. On y revient plus par plaisir que par malcompréhension. Pour s’assurer que les signifiants collent à la réalité des signifiés pourtant communs.

Je me suis arrêté un instant, réflexe oblige, sur la diversité culturelle. Cette entrée, à l’instar de certaines autres, est transversale et vous amène à comprendre l’importance accordée à cette notion dans la SI et dans ses relations avec la fracture numérique. Pour affirmer et proclamer que "la protection de la diversité est entendue au plan universel, en référence à l’égalité des droits et des personnes" p. 53.

Le e-learning (p. 67) désigne l’enseignement, la formation, l’aapprentissage par le biais d’ordinateurs, de logiciels, de l’internet, de ressources disponibles sur supports numériques ou accessibles sur le réseau. Le terme réseau lui-même est doublement analysé et il n’appartient qu’au lecteur de partager et de savourer ce croustillant livre qui s’achète au prix de 15€.

Fragile, mais fruit d’un travail collectif qui rasssemble des contributions de spécialistes, d’experts et de chercheurs reconnus dans leur discipline, il s’effeuille très vite et n’accepte pas de photocopie. Il n’existe pas encore en Afrique pour qu’il donne l’exemple de ce qu’il faut commencer à faire. A lire et à conserver.

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