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Nouvelles perspectives pour l’école camerounaise

Par Louis-Martin Essono , le 16 février 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Il y a deux ans, notre revue avait proposé la lecture critique que deux chercheurs, camerounais et canadien, avaient livrée sur la conception africaine et les avatars des universités africaines en déphasage avec les objectifs de développement pourtants prévus dans les textes curriculaires.

Le Directeur de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, ancien étudiant des universités canadiennes, vient, à son tour, porter l’estocade à un système obsolète aussi bien dans le fond que dans la forme de l’école camerounaise. Ce sont les presses universitaires de Yaoundé qui publient cette édition, parue pourtant en mai 2005.

Ces 140 pages comportent 3 parties. La 1ère concerne la problématique générale des fins de l’éducation au Cameroun en tant qu’espace-temps social, la 2ème est entièrement consacrée à l’analyse du système éducatif camerounais tandis que la 3ème est réservée au projet éducatif dans ce pays de 20 millions d’habitants.

Le 1er chapitre, assez court, expose analytiquement la crise du modèle bureaucratique qui sert de parangon aux étudiants des universités et aux universitaires et aux enseignants des lycées. Amer comme ses collègues, l’auteur constate que, pour toutes les catégories du corps enseignant,

aucune réforme n’a de chance d’aboutir si une clarification du statut de ces acteurs, accompagnée de puissantes mesures d’incitation à l’action popsitive ne sont mise à contribution

.

Le 2ème chapitre présente le type d’homme à former au Cameroun avec les exigences dirimantes de l’intégration supra-communautaire, de celle du développement économique et de la sauvegarde de valeurs originales de l’Afrique débouchant néanmoins sur l’ouverture à la civilisation planétaire.

Le 3ème chapitre est dense et se focalise sur une éducation pour le développement en tant qu’il suscite le désir de contrôler et d’humaniser l’environnement, qu’il recherche le bien-être et qu’il a l’ambition de produire substance et accumulation par le commerce. La classe sera ainsi le lieu où se rencontrent et se débattent, pour les résoudre, les vrais problèmes des milieux de vie des apprenants et où doivent s’installer les éléments qui éradiquent les velleités relatives au sous-développement et à l’accomodation avec la misère. Ici, doit surgir la flamme qui motive, chez l’apprenant, le sens de l’initiative personnelle en vue du développement.

La 2ème partie se consacre aux fondamentaux. En introduisant le système éducatif camerounais, André Mvesso, disciple de l’école canadienne, montre, au chapitre 1 qu’il s’agit d’un système à plusieurs vitesses : formelle, informelle, non-formelle. Au chap.2, il montre la pertinence sociale de ce système en dégageant les facteurs sociaux et culturels des six universités d’Etat, puis en proposant au chap.3, la nouvelle culture qu’il faut arborer pour affronter la nouvelle école.

C’est le clou de l’ouvrage puisque l’auteur y montre les fondements de la nouvelle école diamétralement opposée aux représentations classiques et erronées de cette institution. C’est désormais le milieu de vie, le lieu de participation et de parole, le lieu de valorisation de la culture traditionnelle et le lieu de fusion des cultures différentes en vue d’une culture ouverte sur les citoyens du pays et du village planétaire.

La dernière partie détermine la nouvelle organisation de l’école. En 3 chapitres qui développent, le premier, les idées émises en deuxième partie et le deuxième, la pédagogie à élaborer dans les rapports entre l’éducation de la conscience et l’action et le troisème ouvre les perspectives sur la problématique de l’éducation et du développement au Cameroun et en Afrique.

L’ouvrage, qui prolonge les réflexions entammées dans

l’école malgré tout

est une importante contribution dans le milieu éducatif camerounais pour un acteur qui se situe au coeur de l’appareil éducatif; le courage des réflexions émises dans l’ouvrage est un mérite rare au Cameroun et A. Mvesso montre que désormais, les intellectuels participent activement et localement à l’amélioration de l’éducation au Cameroun. Ce qui n’était pas donné il y a quelques années.

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