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République centrafricaine : le projet Aden défiscalise l’Internet

Par Louis-Martin Essono , le 04 février 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Thot a récemment présenté les atouts et les objectifs du projet Aden du Ministère français des Affaires Etrangères . La République centrafricaine avait été l’un des pays bénéficiaires de ce programme où sont créés deux centres animant des cybercafés, les seuls pratiquement à désenclaver numériquement les territoires où ils sont implantés, répondant ainsi aux objectifs de ce programme.

Aujourd’hui, plusieurs pays de l’Afrique Noire disposent d’un centre Aden au moins. C’est le cas du Nigéria qui a ouvert un centre au sud du pays, après celui d’ Akassa devenu le centre du monde.

Mais, c’est à Berberati à l’ouest de la RCA, vers la frontière camerounaise, que se déroulent les meilleures expériences. La deuxième ville centrafricaine, diamantifère et sylvicole, compte 50.000 habitants. Elle a des difficultés pour l’énergie électrique et le téléphone. Les

diamantaires

et les forestiers s’y comptent en grand nombre pour faire leur commerce. Et la France y a ouvert un centre Aden, qui fonctionne depuis deux ans.

M. Reboout Sosthène, qui anime ce centre vient d’en faire la présentation à l’occasion d’un séminaire de formation des gestionnaires des centres Aden qui se tient à Yaoundé jusqu’au 6 mai. Grâce à ce centre qui loge à l’évêché et qui jouxte le lycée public, l’enclavement numérique s’est évanoui à l’aide du groupe électrogène qui fonctionne la moitié du temps grâce aux onduleurs rechargeurs offerts par la France.

Fréquentent ce centre, outre les diamantaires qui négocient désormais eux-mêmes le prix de leur diamant par Internet, les forestiers et surtout les élèves et les lycéens. D’après le conférencier, les professeurs, qui développent désormais le "perceptorat", emmènent leurs ouailles au seul cyber de la ville et y dispensent des cours en raison de 1000 frs CFA l’heure.

Les lycéens eux-mêmes, alléchés par le nouvel outil, se connectent toute la journée et aux heures de repos à "OK Tu peux y aller à 500 frs CFA (70 centimes d’euro)". Sous la surveillance d’un encadreur, les jeunes internautes découvrent des leçons sur le net et, selon M. Rebout, les notes de classe ont nettement été améliorées. La fréquentation des élèves et des profs a aussi augmenté, au détriment des diamantaires et des forestiers qui, fâchés de la coupure de 4 mois par le fisc, se sont procurés leurs antennes V sat.

Les lycéens sont descendus dans la rue pour exiger de l’Etat centraficain la réouverture de leur cyber-école. L’Etat centrafricain a consenti et a autorisé l’exonération totale des centres Aden sur l’ensemble du térritoire national.

Qui vous a dit que les élèves recherchent toujours les sites interdits ? Les voilà dans la rue, recherchant les facilitations pour l’école efficace, quand les maîtres et les profs ne sont pas payés.

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