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L’apprenant à distance en Afrique : gageure ou fatalité ?***

Par Louis-Martin Essono , le 20 juin 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le cercle de la problématique de la formation à distance en Afrique francophone demeure douloureusement vicieux. Il y a six ans, notre revue exposait déjà une réflexion , toujours actuelle, qui étalait les maux et les difficultés qui bloquent l’épanouissement de la formation à distance dans le continent.

L’accent est cependant mis sur l’aspect administratif et pédagogique, lequel comporte de nombreuses entraves pour permettre à l’apprenant de montrer la pleine mesure de sa motivation et de ses capacités intellectuelles pour sa réussite en contexte de distance. Certes, les conditions socio-culturelles sont piteusement démobilisatrices et incitent à de trop nombreuses distractions qui aboutissent, si l’oeuf éclôt, à l’étouffement précoce du poussin.

Oui, les élèves suivent les parents à la chasse ou à la pêche. Oui, il manque de bancs pour les regroupements, de papier pour réaliser les imprimés devant servir à la confection des documents d’apprentissage. Concédons aussi que les appareils numériques pour la fàd en mode synchrone ou asyncchrone ne sont pas disponibles.

L’apprenant, dans ces conditions, a raison de ne pas réussir. Son environnement lui est fatal, parce que néfaste et paradoxal relativement aux objectifs recherchés. On a aussi peut-être mieux à offrir à ces apprenants assoiffés de connaissances et d’éducation et qui demandent à ne plus manger le pain du Nord et à rester tranquillement chez eux. Si les conditions de travail et d’apprentissage sont offertes à satisfation et à suffisance.

Tous les scientifiques, didacticiens, pédagogues, chercheurs, technologues, d’origine africaine et/ou travaillant pour l’Afrique et qui implémentent des technologies et des méthodologies pour la facilitation de l’apprentissage ont-ils jamais eu, un jour, l’ambition de créer une plate-forme (PF) spécifiquement locale et contextualisée à nos problèmes ?

L’aide de l’Auf est salutaire. Elle n’impose cependant que les techniques, les technologies présentes et efficaces disponibles. La création des PF d’allure métaphorique ou synecdotique sécurisent l’apprenant qui y retrouve son environnement. Chaque université du Nord, aujourd’hui, construit une PF fauteuse d’apprentissage. On connaît ainsi Acolad, Webct, Phèdre, Codes, parmi celles qui fonctionnent en France.

En Afrique, nous les appliquons. Nous n’en développons guère. On connaît, cependant, des modifications de sources libres pour contextualiser les PF étrangères qui sont réadaptées en Afrique.

Que faisons-nous donc de l’aide qui s’accorde pour de tels projets ? De nos intelligences affinées au Nord ? De la masse analphabète de jeunes que nous cotoyons chaque jour ? Et des critiques que nous adressons chaque jour à nos dirigeants ?

Un apprenant qui réussit en fàd a relevé le défi. La masse qui échoue ou qui n’a pas acccès... est-ce de la fatalité ?

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