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Réchauffement climatique et sécheresse des esprits***

Par Mohamed Ouzahra , le 27 juin 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le paradoxe est à terme mortel pour l’espèce humaine : nous détruisons notre écosystème au fur et à mesure que nous produisons et consommons plus. Le « nous » désignant ici de surcroît, et pour l’essentiel, une minorité de nantis ! Qui peut douter de ce constat hormis peut-être quelques grands capitaines d’industrie et leurs porte-paroles politiques ? En tout cas pas la société civile qui n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme. Pas plus que les Organisations Internationales qui, à l’instar de la FAO, dressent un tableau inquiétant des années à venir.

Au Maghreb, la prise de conscience des dégâts potentiels d’une surexploitation des ressources naturelles peine à émerger. Pourtant, au Maroc comme en Tunisie, et peut-être dans ces pays plus qu’ailleurs, la déforestation et le non-respect de l’environnement ont pour conséquence un risque accru de désertification.

Alors, comment appréhender la question pour favoriser l’indispensable sursaut ? Une des conditions est sans doute de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple question d’environnement mais bien d’un choix de société. Comment voulons-nous vivre et que voulons-nous transmettre aux générations futures ?

Or, si l’on parle aisément de village global, de mondialisation et de communauté des destins nationaux, l’enchevêtrement des questions à l’échelon d’une société donnée n’est pas toujours suffisamment pris en compte.

Pourtant, lutter efficacement contre la dégradation de l’environnement requiert des actions préalables différentes (mais complémentaires) : nourrir, alphabétiser, scolariser, éduquer à l’hygiène, offrir des chances de travail et de vie décente, former aux droits humains, et j’en passe. Bref, il faut mettre en place des stratégies opérationnelles assez complexes pour que le recours aux organismes des Nations-Unies à des fins de coordination apparaisse comme indispensable.

Bien sûr, les réseaux d’associations et autres organismes non gouvernementaux, notamment au Maroc, font preuve d’un activisme remarquable, mais leur intervention dans ces domaines ne doit pas exonérer l’Etat de son rôle propre, qui est de fournir les infrastructures et prestations de base : accès à l’eau potable, accès aux soins, à l’éducation et aux produits culturels notamment.

L’Etat peut aussi apporter un soutien logistique décisif à travers la mise en place de moyens technologiques de pointe comme la télédétection dans le cas marocain.

L’entreprise privée doit enfin apporter son écot et jouer un rôle actif et citoyen dans le processus de développement.

En réalité, la tâche à accomplir dans de nombreux pays est titanesque et la conjugaison des efforts des secteurs public, associatif et privé n’est évidemment pas un luxe. Comme le dit un dicton bien de chez nous « on ne saurait applaudir avec une seule main ».

Et c’est précisément à ce niveau-là que la toile avec ses réseaux sociaux peut jouer un rôle déterminant en favorisant les synergies. Internet peut favoriser les rencontres et les discussions mais aussi aider à désenclaver les régions reculées, à former les populations éloignées. Bref, le réseau peut être un outil (acteur ?) essentiel pour lutter contre l’exclusion sociale qui entrave tout développement durable.

A mon sens, la démocratisation de l’Internet - récemment identifiée lors d’un important colloque à Marrakech comme un défi majeur pour les pays en développement - doit d’abord être mesurée à l’aune de cette dynamique d’enrichissement, de cette nécessaire irrigation des esprits et des coeurs.

Alors, alors seulement, verra-t-on peut-être ressurgir les solidarités oubliées et les gestes simples de respect de ce bien commun, à la fois précieux et fragile, qu’est notre cadre de vie.

A bientôt.

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