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Rentrée 2006 : Internet en classe, triche et plagiat garantis ?!

Par Louis-Martin Essono , le 03 septembre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Les écoles et les universités introduisent à souhait l’internet dans la salle de classe. Au sud, cette éventualité est encore pénible à se réaliser même si des avancées certaines sont observées. On se souvient que l’Europe crée des structures fédératrices pour favoriser le mouvement numérique dans les écoles. Cette politique permet ainsi d’aboutir à des résultats qui fascinent et qui facilitent le travail des apprenants tout en développant les technologies éducatives.

Ces facilitations vont si loin que les apprenants, au regard des avancées technologies, n’arrivent plus, pensent les grands pessimistes, à se séparer de leur internet chéri. L’anecdote prétend même que les enfants des Tic ne savent plus la table de multiplication par coeur et recourent forcément à la calculatrice, surtout qu’elle n’est pas interdite dans les salles d’examen.

Plus grave encore, l’autonomie d’apprentissage, les devoirs sur le net risquent de n’être plus le cru de nos invétérés de la toile. Une réflexion de l’AFP publie que "Ce qui faisait la joie des enseignants pourrait devenir leur cauchemar: l’internet, réservoir incontournable de connaissances, est aussi source de tentation pour étudiants et élèves plagiaires, un fléau peu combattu en France malgré l’existence de logiciels anti-triche".

Dans ses statistiques, le texte rappelle que, "dans les pays nordiques et anglo-saxons, [en] 2001, une étude américaine tirait la sonnette d’alarme en établissant que 41% des étudiants interrogés avaient admis avoir plagié, contre 10% en 1999." Selon cet article, qui prend à témoin la société savoyarde Six degrés, la France n’est pas très épargnée. Cette société développe un logiciel de détectage de "copier-coller", Compilatio.net .

Les chiffres sont vieux. (Mal)heureusement. En effet, "sur les 975 étudiants interrogés en France à la fin 2005, trois sur quatre déclarent avoir recours au "copier-coller" avec l’internet pour leurs travaux. De leur côté, 90% des 191 enseignants interviewés reconnaissent avoir été confrontés au plagiat." Selon l’étude, les étudiants précisent que parmi les 12,5 travaux rendus en moyenne chaque année, trois sur quatre contiennent au moins un passage copié à l’identique sur l’internet. Près de la moitié des étudiants y recourant déclarent le faire "par facilité", un quart "par manque de temps".

L’article donne même les sites qui facilitent le travail de nos génies en mettant à leur disposition des travaux « clés-en mains » sur tous les domaines possibles : pickdoc, cheathouse et enfin le dernier, semblable au premier, Oboulo.

Je vous souffle ces sites, ne les confiez à personne d’autre. Enfin, c’est entre nous. Toutefois, termine l’article, M. Bergadaa, professeur à l’Université de Genève, a créé en 2004 un site très complet d’information sur la question, Fraude et déontologie , pour attirer l’attention et que je vous invite à lire très attentivement.

Cependant, et plus sérieusement, continue l’article qui cite F. Agnes de la société Six degrés, auteur, en mai 2005 de Compilatio.net, le premier et seul logiciel en France de détection de plagiat sur l’internet, la solution à des fraudes aussi sophistiquées ne peut être qu’informatique. Car révèle F.Agnès, "l’enseignant nous envoie par mail la copie suspecte, en 15 minutes notre serveur l’analyse et renvoie le résultat". Ce service coûte entre 50 et 150 euros l’année par enseignant, plus quelques dizaines de cents pas copie envoyée. Parmi les clients figurent l’ICN de Nancy, l’Université de Rennes 1, celle de Savoie et l’Université Libre de Bruxelles.

Compilatio.net termine l’article non signé, s’est inspiré de deux logiciels de référence existant depuis plusieurs années: le suédois Urkund, présent dans les pays nordiques, et le leader américain Turnitin, qui arrose des établissements dans le monde entier, dont le Royaume-Uni, couvert dans son intégralité (collèges et universités) grâce à un abonnement de l’État.

 

Lire à ce sujet le dossier de référence de Thot : Étudier, rédiger, plagier, tricher, empêcher la triche ou ne pas tricher. Des ressources. (MJ)

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