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Cameroun : déploiement de la Toile dans les écoles

Par Louis-Martin Essono , le 02 octobre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La rentrée a donc eu lieu. Avec toutes les tares habituelles qu’elle draine tout le mois de septembre. Mais un effort réel vient d’être accompli, car, depuis la mi-août, les journaux rivalisent de reportages pour rendre compte des actions des Ministres en charge des enseignements et des associations privées qui envahissent les établissements secondaires et les lycées qu’ils dotent d’ordinateurs et de connexions Internet.

Les élèves sont heureux de ces nouveaux équipements et de ces installations dont ils entendent parler sans avoir pu les voir ou encore moins, sans les avoir touchées. Chaque semaine, au cours du mois passé, des établissements ont été connectés pour permettre des enseignements plus performants et faire reculer plus loin encore l’ignorance qui gambade au Cameroun à près de 60% de la population.

Les ignorants du 21ème siècle ne sont pas que les enfants. Les enseignants sont également concernés si l’on en croit le Ministre des enseignements secondaire lors du séminaire de formation sur les Tic à l’école. Quelques jours plus tôt, la même personnalité inaugurait à Bafoussam, à l’Ouest du pays, un centre multimédia de 75 postes pour les lycées de la ville. Plusieurs cités Ebolowa, Douala, Garoua, Bertoua, partout sur le territoire, les centres multimédias ont fait leur apparition dans l’environnement éducatif, soit environ 1000 ordinateurs pour 60.000 élèves.

Doter les Ecoles et Lycées d’équipements est déjà fort remarquable pour diminuer la fracture numérique à travers les zones urbaines et les zones rurales comme le souhaitaient vivement les délégués de trente pays africains. L’essentiel est de voir utiliser ces équipements dans la réalité. Car, malgré la création des centres multimmédias, il se trouve des établissements qui demeurent hors du circuit.

Une étude, conduite par un élève-professeur de l’Ecole normale supérieure montre que les enseignants ne disposent pas de temps matériel pour s’initier et utiliser les Tic et l’Internet pour améliorer leurs enseignements. Les disponibilités commencent à 15h, lorsque les classes sont achevées et aucune autre plage n’est possible. De plus, pour s’y mettre, il faut s’être initié, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des enseignants. Il s’assoient devant l’appareil pour écrire des messages et regarder des images, conclut l’étudiant.

Si cette réalité se vérifie, et même avec l’existence dynamique du Cnaap chargé de la formation des enseignants aux TIC, il faut avouer aussi que l’informatique est déjà inscrite au porgramme des lycées. Cependant, aucun texte ne régit cette discipline qui devrait être enseignée à l’ENS. De même les Ecoles normale d’Instituteurs attendent de se voir impliquées dans ce circuit pour démultiplier la formation dans les écoles.

Le chemin est encore long.

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