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Admission à l'université : quand les notes ne suffisent pas

Deux universités canadiennes, peu satisfaites des indications données par les seules notes aux examens obtenues par les candidats, expérimentent de nouveaux modes de sélection.

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 28 février 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 28 mars 2012

L'université Publique De Colombie Britannique, à Vancouver

Le système éducatif canadien a ceci de particulier qu'il autorise aisément les innovations pédagogiques. Deux de ces innovations conduites dans l'enseignement supérieur nous sont rapportées par Affaires Universitaires, le magazine de l'Association des universités et des collèges du Canada. Elles portent sur le recrutement des étudiants dans deux universités, l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) et l'Université de la Saskatchewan.

Contexte

L'objectif de ces deux innovations est simple pour qui connaît le milieu universitaire. Il s'agit d'objectiver l'évaluation des candidats à l'admission à l'université. Bien souvent, beaucoup d'étudiants potentiels voient leur candidature à un cursus universitaire rejetée à cause de mauvaises notes obtenues dans l'enseignement secondaire.

Au Canada, ce ne sont pas les mauvaises notes qui posent problème mais les bonnes notes. En effet, les notes auraient connu une inflation telle qu'il n'était plus possible de s'en servir comme seul critère de sélection des meilleurs candidats. En outre, le décalage dans le système de notation d'un système éducatif provincial à un autre est source d'inéquité lors du recrutement.

Nouveaux critères d'admission

L'Université de la Colombie-Britannique a opté pour une évaluation du profil personnel des candidats. Ces derniers, en plus de soumettre leurs bulletins scolaires, répondent brièvement à cinq questions.

"Chaque profil personnel est analysé par un groupe d’évaluateurs dûment formés, sans aucune donnée nominative concernant le candidat. Chacun est noté par deux évaluateurs, puis par un troisième si les deux notes préalablement attribuées sont trop divergentes. Ces notes sont combinées à celles du candidat avant que la décision d’admission soit prise".

Cette évaluation porte sur quatre compétences : l’aptitude du candidat à travailler en équipe, le degré de mobilisation au sein de la collectivité, les qualités de chef de file et la capacité à vaincre les obstacles. Ce qui est recherché est donc le savoir-être des étudiants potentiels alors que les résultats scolaires ne renseignent que sur leurs savoirs et leurs savoir-faire dans un certain nombre de disciplines d'enseignement.

A l'Université de la Saskatchewan, on a fait le choix de sélectionner autrement les futurs étudiants issus de la province de l'Alberta, défavorisés par des examens de fin cycle obligatoires dont les notes comptent pour moitié de la note finale de passage.

Dans ce cas précis, les étudiants seront sélectionnés "en fonction de leurs notes du secondaire, de celles des examens menant au diplôme, ou d’une synthèse des deux – ne retenant que les meilleurs résultats".

Il s'agit donc d'un système mixte, similaire à celui qui a été adopté dans de nombreux pays, combinant évaluation continue et évaluation finale.

Deux expérimentations qui dénotent un rapport problématique à la notation. A la question de savoir si les notes suffisent pour déterminer les compétences d'un étudiant, l'Université la Colombie Britannique répond par la négative. Tandis qu'à l'Université de la Saskatchewan, la réponse serait plus nuancée, elle qui adopte la notation tout en procédant à la pondération.

Pas seulement au Canada, mais dans bien d'autres pays, les portes des universités sont fermées au nez d'étudiants défavorisés lors de leur précédent cursus par un système de notation subjectif, inéquitable et parfois pervers. C'est en ce sens que l'expérience de l'Université de la Colombie-Britannique pourrait présenter une piste sérieuse de réforme de l'évaluation lors du recrutement au premier cycle universitaire.

Voir : Les notes du secondaire suffisent-elles ? Rosanna Tamburri, Affaires Universitaires, 18 janvier 2012.

photo : flod via photopin cc

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