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Pour des notes plus objectives

Pour lutter contre l'effet Pygmalion, des enseignants mettent en place des garde-fous afin de noter de manière plus objective

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 29 février 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 28 mars 2012

Quelle que soit la rigidité des barèmes que l'on se donne, une note est ce qu'il y a de plus subjectif dans l'évaluation des apprenants parce que ses tenants et aboutissants transcendent son cadre contextuel pour mobiliser des éléments d'ordre psychologique et sociologique. Ce phénomène est connu comme "l'effet Pygmalion" ou la prophétie autoréalisatrice.

L'effet Pygmalion

Vieille découverte que celle de l'effet Pygmalion que l'on doit à Rosenthal qui le premier a mis au jour l'influence de l'expérimentateur sur ses résultats. Le magazine Madmoizelle.com relate dans un de ses articles et sur le ton du bavardage, l'expérience menée par le chercheur.

"A un premier groupe d’étudiants, il confie 6 rats qu’il présentent comme particulièrement intelligents et ayant subi une sélection extrêmement sévère (des rats de fou-fou).Un second groupe d’étudiants écope de rats prétendument pas très exceptionnels, voire un peu nazes, et qui auraient même du mal à effectuer un parcours de labyrinthe. Tu penses bien que les rats étaient départagés de façon totalement aléatoire, et que les prédictions de leur pseudo-compétence à trouver la sortie du labyrinthe pronto provenaient tout droit de l’esprit de Rosenthal. Les résultats confirment très largement les dires du chercheur : les rats désignés « nazes » mettent beaucoup plus de temps que les rats de compèt’ à atteindre la sortie, et certains ne quittent même pas la ligne de départ".

Il en est de même dans la vie courante : les individus mettent leurs comportements en conformité avec les attentes à leurs égards. Et rapportés à l'environnement scolaire, l'échec et la réussite sont déterminés, en partie au moins, par les prédictions des enseignants sur les aptitudes de leurs élèves, qui eux-mêmes se conduisent comme prévu ! Ces prédictions se réalisent grâce à quatre facteurs favorables : le climat créé par l’enseignant, le temps et l’attention qu’il accorde à l’élève, les opportunités qu’il lui offre pour s’exprimer, les punitions/récompenses qu’il lui administre.

Quid des notes ?

Les notes obéissent mécaniquement à cet effet Pygmalion. Les étudiants supposés meilleurs auront toujours de bonnes notes alors que les prétendus cancres fermeront toujours la marche lors des évaluations.

Conscients de cette situation, les profs essaient dans la mesure du possible d'objectiver l'évaluation. Trois profs exposent les moyens qu'ils mettent en oeuvre dans un article de EducPros. On en retient cinq essentiellement :

  1. l'anonymisation des copies
  2. l'utilisation des QCM
  3. l'évaluation de la compréhension par des questions ouvertes
  4. la mise en place et diffusion avant l'épreuve d'un barème de notation
  5. la correction question par question au lieu de copie par copie.

Quoi qu'il en soit, ces mesures ne visent qu'à réduire en partie l'influence flagrante des profs sur la notation sans pour autant supprimer tous les facteurs qui y sont sous-jacents. C'est donc tout le système de notation qui doit être repensé.

Voir :

Les notes à l'école et l'effet Pygmalion. Madmoizelle.com, 2 décembre 2010.

La fabrique des notes : des enseignants racontent. EducPros.fr, 18 octobre 2011.

photo : ccarlstead via photopin cc 

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