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Etudes universitaires : y accéder, y persister et en sortir !

Les services d'orientation interviennent à l'entrée, en cours d'études et à la sortie pour faciliter le parcours des étudiants.

Par Christine Vaufrey , le 19 mars 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 18 avril 2012

L'entrée à l'université est plus ou moins facile selon les pays. En France comme en Belgique (communauté française), l'inscription est autorisée pour tous les jeunes ayant terminé avec succès leurs études supérieures. Au Québec, en Suisse, les procédures d'admissions sont beaucoup plus complexes. Et ceux qui hurlent devant la lourdeur du dispositif Admission post-bac en France seraient bien inspirés de faire un tour sur la page décrivant le monde universitaire au Québec. Ils y apprendront que l'université n'est accessible majoritairement qu'après avoir obtenu un diplôme d'études collégiales (DEC) et que pour accéder aux formations contingentées (nombre de places limité), il faut de plus présenter une bonne cote de rendement au collégial, dont le calcul est extrêmement complexe (voir la brochure qui en présente les principaux aspects, éditée par la CREPUQ).

 

Choisir sa filière d'études sans s'angoisser

Quoi qu'il en soit, la simplicité ou non de l'inscription en université n'augure en rien de la réussite des études ! En France, la moitié environ des étudiants inscrits en première année d'études universitaires abandonneront avant l'obtention du diplôme dans la filière choisie. Pour faire baisser cette proportion inquiétante (et ruineuse pour l'état, qui reste malgré le processus d'autonomisation des établissements en charge de la part principale du financement des universités), le ministère de l'éducation nationale impose la procédure d'orientation active qui est censée améliorer l'information des lycéens sur les études universitaires, leur déroulement, leurs débouchés. Chaque université met en place les outils qui lui semblent les plus adaptés à cet effet. L'université Paris 3 par exemple propose notamment des tests en ligne à tous ceux qui se sont pré-inscrits dans l'une de ses spécialités. Le test "Etes-vous fait our les études de Droit ?" de l'université Rennes 1 est pour sa part accessible avant la procédure de pré-inscription. Bien entendu, les journées portes ouvertes, comme ici à l'université de Strasbourg mais aussi partout ailleurs en France, sont des moments privilégiés pour découvrir les filières, les campus, l'organisation des études. 

En dépit de toutes ces initiatives, le choix d'une filière d'études reste complexe. Non par manque d'informations, mais par leur surabondance ! Rendez-vous compte : rien que sur Admission post-bac, qui ne recense que les formations délivrées par les établissements publics, ce sont plus de 10 400 formations qui sont proposées ! Alors, comment choisir ? Le service de santé mentale de l'Université libre de Bruxelles a publié une brochure formidable, qui reflète fidèlement les préoccuaptions des jeunes en mal d'orientation à la fin des études secondaires : "Choisir après la rhéto" (l'année de rhétorique correspondant à la dernière année d'études secondaires). Dans une bande dessinée, on suit deux étudiants qui sont bien en peine de choisir leur filière. De place en place, l'histoire est interrompue par des conseils et des synthèse utiles. L'un de ces encadrés précise un point capital : 

"Choisir les études sans penser au métier ? Ou choisir un métier sans penser aux études ?Certains se lancent dans des études surtout pour approfondir des matières qui les intéressent et consacrer plusieurs années encore à leur développement intellectuel, social et affectif. Ils ne se préoccupent pas vraiment des débouchés professionnels mais donnent la priorité à leurs goûts personnels. C’est parfois au cours de leurs études supérieures que leur intérêt pour certaines matières se marque, ce qui leur permettra de préciser leur orientation vers certains secteurs d’activités. De plus, le monde de l’emploi évolue, de nouveaux métiers, encore inconnus au moment où l’on entame ses études, apparaissent. D’autres veulent exercer un métier bien particulier et choisissent les études qui les y conduisent le mieux. D’autres encore exercent déjà une activité professionnelle et cherchent à se réorienter ou à se perfectionner".

Car bien entendu, tout ne se joue pas lors de la première inscription, et il ne faut pas culpabiliser si l'on choisit une filière que l'on aime plutôt qu'une dont on dit qu'elle propose de nombreux débouchés professionnels ! En Suisse, le site orientation.ch insiste lui aussi sur l'absence de lien automatique entre les études universitaires et le métier : 

"Les futurs étudiants doivent également savoir que la plupart des filières universitaires ne sont pas directement liées à un secteur d'activités précis et ne conduisent donc pas à l'exercice d'une profession en particulier. Souvent, le domaine d'études choisi ne donne qu'une orientation générale à la carrière future : les étudiants reçoivent des connaissances scientifiques de base liées à leur discipline, mais les compétences acquises ouvrent des perspectives plus larges. C'est au fil des expériences et selon les aspirations de chacun et de chacune que se précisera petit à petit un projet professionnel".

Cette position est d'autant plus facile a défendre en Suisse que le pays dispose d'un dispositif de formation par apprentissage parmi les plus performants du monde, qui offre une réelle alternative aux jeunes qui ne se sentent pas l'âme d'étudiants académiques et leur permettra d'accéder à la quasi-totalité des professions et secteurs professionnels. 

 

Construire son projet professionnel au fil du temps

Nous avons donc compris que le projet professionnel se bâtit lentement, au fil des expériences personnelles et de la découverte des métiers. Les universités font de réels efforts à la fois pour encourager les étudiants à ne pas abandonner leurs études avant l'obtention d'un diplôme et pour les aider à construire leur projet d'insertion. Les services universitaires d'orientation développent de nouveaux produits, alliant outils papier ou en ligne et conseil personnalisé en présence, pour accompagner les étudiants. L'université de Nantes propose ainsi un Carnet de route à la majorité des étudiants de première année, qui les accompagnera jusqu'à la fin de leurs études. Ils y consigneront leurs expériences, les compétences qu'ils estiment posséder, leurs aspirations et connaissances des filières professionnelles. Tout ceci s'accompagne de rencontres avec des professionnels de l'orientation. L'université Lyon 2 propose à ses étudiants le "projet personnel et professionnel" qui permet notamment d'assister à des table-rondes sur une grande variété de métiers. Le site du service universitaire d'orientation de l'université Lille 3 met à disposition de nombruses fiches métiers à relier aux cursus d'études suivies. Les universités québécoises pour leur part disposent d'une large gamme de services aux étudiants, parmi lesquels on trouvera, comme dans les établissements membres du réseau de l'Université du Québec, des services d'orientation assez consistants. 

 

Un diplôme, pour quoi faire ?

Et tout ça, pour quoi ? Pour une insertion professionnelle réussie, et dans des délais raisonnables. Les statistiques mises à disposition sur le site du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche en France autorisent quelques espoirs à ce niveau : 30 mois après l'obtention d'un master, les anciens étudiants disposent, dans leur très grande majorité, d'un emploi. Ce dernier n'est pas toujours stable (on notera la proportion de 50 % seulement de CDI pour les titulaires d'un master en lettres, langues et arts ou en sciences humaines et sociales) mais il reste évident en France que l'on a de meilleures chances d'insertion avec un diplôme que sans. Evidemment, cette donnée de base n'interdit pas de poser quelques questions qui fâchent : que deviennent les jeunes qui abandonnent les études supérieures sans diplôme ? Pourquoi faut-il faire 5 ans d'études pour espérer une insertion professionnelle satisfaisante dans de nombreux métiers ? Pourquoi voit-on croître, année après année, le nmbre de jeunes titulaires de 2, voire 3 masters ou autres diplômes de rang élevé, avant d'aller à l'emploi ? Ces questions se posent aussi bien dans les pays qui disposent d'un service public d'études supérieures à faible coût pour les utilisateurs, que dans ceux font payer très cher les études universitaires, sans toujours garantir l'insertion professionnelle à la sortie. Le débat a de beaux jours devant lui. 

photo : kenneoh via photopin cc

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