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Mentales, heuristiques, collectives, en ligne : les cartes pour l'apprentissage

Par Martine Dubreucq , le 26 janvier 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 02 septembre 2011

La pratique des cartes conceptuelles ou cartes mentales à l'école commence à peine à se faire connaître en France, comme en témoigne cet extrait de reportage télévisé sur FR3  où la Finlande est présentée comme un modèle.

La clé du succès de ces petits élèves serait donc, en partie, une affaire de présentation visuelle ?

Une orthopédagogue canadienne ( "généraliste" des troubles et des difficultés d'apprentissage dont le statut n'est pas reconnu en France) présente très simplement l'intérêt de cette méthode sur son blog : "C’est visuel, logique, concret".
Elle signale d'ailleurs que Google propose une nouvelle fonction de recherche bien cachée : il faut aller sur Google.com, lancer une recherche avec un mot-clé et cliquer sur « Montrer les options », puis dans la colonne de gauche sur la fonction « Roue magique ». Apparaît alors une carte des sujets en rapport avec les mots clés que vous avez demandés :

Alors que le fameux moteur de recherche Kartoo, qui se basait justement sur la visualisation des données en relations vient tout juste de fermer, on en aura ici une version plus modeste.

Du remue-méninges à l'organisation des idées

Les formateurs qui pratiquent depuis toujours la feuille et le crayon ou les post-its au tableau savent combien est essentielle cette étape de remue-méninges, pour introduire une problématique ou un débat, dans tous les cas pour la participation et la cohésion d'un groupe. Pour l’apprentissage, il semble acquis que l'image stimule l'esprit, que la mise à plat et la visualisation des rapports qu'entretiennent les éléments d'une histoire ou d'un raisonnement entre eux est constructive pour l'esprit.
La carte mentale est un outil de démonstration pour soi et pour les autres, et à cet égard elle est un élément de plus en plus employé par les enseignants, dans de nombreuses disciplines.

Papier ou numérique ?

Les avis sont partagés sur la question et on lira le billet d'un spécialiste des cartes heuristiques, sur le site Pétillant : Que choisir : le papier ou l'ordinateur ?
L'auteur parle à ce propos « d'encodage émotionnel » qui permet de réactiver la mémoire : « Mes meilleurs cartes sont toujours celles que j’ai dessinées moi-même : une feuille de papier et des crayons de couleurs ».

De l'individuel au collectif

La carte  a-t-elle autant d'efficacité si elle est créée en commun et à fortiori à distance ? Même si les recherches sur la question ne permettent pas d'affirmer unanimement que le travail collectif sur des cartes mentales apporte des productions particulièrement originales et efficaces, ce « rituel » d'expression est avant tout une excellente façon de prendre en compte et de mettre en scène la participation de chacun, de faire en sorte que l'enseignant ou le formateur s'efface pour mieux revenir ensuite dans la phase de réorganisation des ressources recueillies. L'outil là encore, bien compris, n'est que l'instrument d'une autre façon d'enseigner.

Le passage au numérique permet aussi de suivre les modifications, les ajouts, d'ouvrir des branches sur une autre carte, d'assister en direct à un processus de création collectif enrichi d'images.

Sur le site Educnet un dossier complet "De l'utilisation des cartes mentales en ligne" donne les ressources et les liens sur les expériences d'enseignants dans un menu à droite  et on comprendra mieux comment  la carte heuristique peut faciliter un travail de correction d'un texte avec cette vidéo.

Les cartes heuristiques et la recherche

Elisabeth Bredin, chercheuse linguiste spécialiste des TICE, présente les résultats d'une expérimentation auprès d'étudiants de master en langues et en ingénierie de la formation et met en évidence les apports de cette méthode pour la clarification et l'organisation des concepts : Instrumenter la lecture de textes théoriques en recherche linguistique.
Les étudiants devaient produire individuellement une carte qui représentait la synthèse d'un texte lu, et pour cela devaient reconstruire l'information par petits blocs ayant entre eux des relations. Dans une deuxième étape ils devaient échanger leurs productions pour aboutir à une carte collective.
Elisabeth Bredin observe que les cartes heuristiques permettent de prendre un peu de distance à l'égard de sa propre façon de penser, de porter un regard critique sur son travail dès qu'il prend forme : « La visualisation progressive du travail sur l'écran rend possible une mise à distance que la linéarité d'un texte ne permet pas forcément. ».

Dans l'apprentissage et la didactique des langues, elle croit davantage à ce genre d'outil, qui à priori n'est pas spécifiquement destiné à cet usage, plutôt qu'à des approches classiques développées dans les logiciels dédiés.

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