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Globish - l'anglais international allégé

Quand vider le gobelet (à moitié) permet d'être compris

Par Charles Brisson , le 08 mai 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 06 juin 2012

Le globish, vous connaissez ? Il s'agit d'une variation, d'un sous-ensemble, de l'anglais formel qui comporte quelque 1 500 mots et des règles de grammaire limitées. Un anglais de base, élémentaire, mais tout de même efficace et permettant aux non-anglophones (de langue maternelle autre) de discuter avec les personnes dont la langue maternelle est l'anglais. Le mot lui-même, un mot-portemanteau ou mot-valise, vient du téléscopage de global et English. Certains disent que le globish est l'anglais d'aéroport -l'anglais que tout le monde ou presque arrive à baragouiner en cas de besoin.

Origine du globish

Vous croyez que je délire, que je suis un apôtre d'une forme d'espéranto nouveau ? Googlez "globish" et vous verrez bien. Ça commence par "Parlez globish", le site auquel contribue Jean-Paul Nerrière, cet ancien vice-président marketing de IBM qui a codifié le globish en 2004. On dit qu'il fut le premier à utiliser le terme "globish". Son livre est toujours disponible par ailleurs, Apprenez le globish : L'anglais allégé en 26 étapes. Nerrière avait observé, lors de conférences internationales, les schèmes et le vocabulaire anglais qu'utilisaient les conférenciers du monde entier (et à compétence variable en langue anglaise) pour communiquer. Il avait par la suite établi une liste de vocabulaire réduite ainsi que des règles de grammaire simplifiées. Le site offre entre autres des exercices et des exemples audio et vidéo qui complètent le contenu du bouquin.

Cet excellent article de Simon Kuper du Financial Times, Why proper English rules OK, a été traduit et publié en français sur le site de traducteurs.com : Avoir l'anglais comme langue maternelle, c'est dominer le monde. L'auteur y présente l'avantage que détiennent les anglophones de langue maternelle sur les autres dans un monde où l'anglais domine, même s'il s'agit de globish. L'habileté langagière permet d'orienter le débat, voire de le contrôler, que ça soit lors de conférences internationales ou au sein même de multinationales où l'anglais est devenu la langue de travail. On comprend dans cet article que le fait d'apprendre le globish pour un anglophone de naissance peut se comparer à l'effort demandé à un professionnel du tennis lorsqu'il joue avec des amateurs. Il pourra toujours décider de marquer le point sur un smash sensationnel et contrôler l'issue du match. Globish ou pas, il s'agit d'anglais et il faudrait échanger dans d'autres langues pour déposséder les anglophones de leur avantage naturel.

Robert McCrum, un éditeur devenu journaliste littéraire et auteur de The Story of English, a écrit Globish: How English Became the World's Language. McCrum s'explique avec la même perspective que Kuper dans son article : l'anglicisation du monde et en particulier du monde des affaires est signe d'un phénomène économique international irrésistible. Mais McCrum s'intéresse à l'aspect historique de cette "domination" des relations internationales et questionne l'influence que le globish a et risque d'avoir.

À propos de McCrum et de sa vision du globish, il faut lire cet article (en anglais riche) de Isaac Chotiner sur le site du New Yorker, Globish for Beginners.

Quant à moi, je cherche le test qui me permettra de vérifier si je sais parler anglais ou si je cause plutôt en globish... Ou dit-on globais, en français ?

photo : Franck Vervial via photo pin cc

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