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Apprentissage inversé : mode d’emploi

Toutes les raisons pour ne pas l'utiliser

Par Denys Lamontagne , le 08 mai 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 13 juin 2012

Après une phase d’indifférence et de curiosité prudente, l’apprentissage inversé (Flipped learning) entre maintenant dans la phase des critiques : la majorité des enseignants n’a encore aucune expérience de la méthode et présente toutes les bonnes raisons de ne pas l'essayer.

Un récent article de Alan November et Brian Mull (Flipped learning: A response to five common criticisms), détaille les principes de la méthode et quelques réponses aux critiques.

Apprentissage inversé : méthode résumée

  • Les étudiants se préparent pour la classe en regardant des vidéos, écoutant des balados, lisant des articles ou méditant des questions faisant appel à leurs connaissances déjà acquises.
     
  • Après avoir consulté ces contenus, les étudiants rapportent ce qu’ils ont compris et organisent des questions ou précisent les zones de confusion.
     
  • Les étudiants se connectent à un outil social partagé où ils affichent leurs questions.
     
  • L’instructeur classifie ces questions avant la période de classe et développe le contenu et les scénarios en réponse aux différents zones de difficultés. L’instructeur ne se prépare à enseigner rien qui soit déjà compris.
     
  • En classe l’instructeur pose les questions et suggère des problèmes que les étudiants travailleront à résoudre ensemble, Le rôle de l’instructeur est d’écouter ce qui se passe et s’impliquer avec les individus et les groupes au besoin.

 
Comme on le voit, il n’y a rien de bien révolutionnaire, sinon que le recours aux technologies. Socrate enseignait déjà de cette façon ou presque.

Réponses aux critiques

- Le rôle du professeur est modifié. En effet, ce rôle passe de celui de «présentateur» à celui de «maître», plus proche du sens traditionnel de guide, qui laisse les individus avancer autour de lui le long d’un parcours dont il connaît l’intérêt. Le rôle à assumer est plus prestigieux.

- Quant à regarder des vidéos ennuyeux de professeurs maladroits avec les technologies, bien de professeurs ne se voient pas infliger cette torture à leurs élèves.  Il ne s’agit pas de cela. En exploitant les compétences d’une équipe de professeurs, qui tous savent enseigner, on peut réussir à produire des séquences intéressantes avec les différents styles, approches et formules propres à chacun ou à en trouver des meilleures encore dans Internet, quitte à leur ajouter des sous-titres.

- Ceux qui n’ont pas accès à internet ont à tout le moins accès à des des DVD ou des baladeurs. Dans les cas extrêmes, l’école peut envisager le prêt de certains équipements.

- La principale critique concerne les élèves paresseux : comment s’assurer qu’ils font le travail demandé ? Comment obtenir les preuves qu’ils ont fait le travail ?

Cette démonstration explique en détail comment le professeur intègre des formulaires standards (Google forms) sous chacune des références à étudier, ce qui lui permet de consulter les réponses de chaque élève, connaître leurs interrogations et réflexions et même qui a un peu trop échangé avec d’autres. Par ailleurs, en classe un élève qui ne participe pas se repère facilement et la situation peut-être corrigée.

Mais le problème est réel, surtout si les élèves sentent que le travail qui leur est demandé est insignifiant, incompréhensible ou dépasse leurs capacités actuelles. Mais en établissant une rétroaction directe, le professeur peut rapidement savoir ce qui se passe réellement, pour peu qu’il soit sensible à ces questions.

Les étudiants en difficulté ont besoin d’un espace où ils peuvent poser des questions ou partager leurs confusions de façon anonyme sans craindre le ridicule de leuts compagnons.  On peut trouver ce genre d’environnement sur des plates-formes comme  Edmodo, Schoology, or Nimbus

La composante importante du processus «inversé» est de développer des questions stimulantes de haut niveau qui permettent d'approfondir les réflexions et résoudre les mauvaises interprétations.

Il s’agit de créer en classe des opportunités qui rendent la réflexion visible. Quand les enseignants peuvent réellement voir le développement de la réflexion de leurs étudiants, ils peuvent leur apporter le support et les encouragements dont ils ont besoin pour parvenir à la réussite.

Lire l'article : Flipped learning: A response to five common criticisms

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