Articles

Petite histoire des vacances scolaires

Comment la France et le Québec en sont arrivés à des calendriers scolaires si différents

Par Charles Brisson , le 26 juin 2012

Ah ! Les vacances scolaires. Enfin ! soupirent la plupart des élèves et des étudiants. Ainsi que des professeurs et enseignants, enfin ! En France, au Québec, les écoles ferment maintenant leurs portes pour deux mois ou un peu plus. Sûr, quelques étudiants devront en profiter pour rattraper un retard accumulé et les profs répèteront toujours qu'ils ont beaucoup de travail à compléter avant la rentrée mais bon, tout ce monde est en vacances. C'est normal, c'était comme ça quand on est passé par l'école aussi et ça l'est ou le sera pour nos enfants. Mais d'où vient cette idée des longues vacances estivales au juste?

Vous saviez ? Vous avez deviné en lisant mon introduction ? Ceux qui ont levé la main avant de dire "on avait besoin de l'aide des adolescents (et des enfants - mais on ne dit plus ça) pour les récoltes", vous aviez tout vrai. Donc, le concept de "vacances" pendant l'été dut plutôt attendre l'industrialisation et le passage à une vie économique basée sur le secteur tertiaire avant de prendre le sens qu'on lui donne maintenant. Auparavant, les vacances, c'était du boulot!

Au Québec

À l'époque du Régime français (de 1608, fondation de Québec, à la conquête en 1760) en raison des travaux agricoles les vacances estivales s'échelonnaient de la mi-août jusqu'au début d'octobre.

Par ailleurs, la première semaine de relâche (semaine de vacances en mars) au Québec eut lieu en 1979 suite à l'initiative du commissaire scolaire Paradis - un nom qu'il portait bien selon les élèves, étudiants et professeurs de l'époque. Fernand Paradis avait conclu que le taux d'absentéisme nettement plus élevé à la fin février pouvait être contré par une mesure inspirée par ce qui se faisait en France : il déplaça une semaine des vacances de Noël au mois de mars.

À lire, cet article de Benoît Lacroix pour Le Devoir, "L'histoire en vacances : Vive les vacances!". On y lit que "Le mot vacances, un substantif féminin et pluriel, doit son origine au pouvoir judiciaire de la France du XVIIe siècle qui avait pris la décision de suspendre durant un certain temps les audiences, les cours et les tribunaux. Un siècle plus tard, la loi sur les vacances s'appliquera à des groupes divers de travailleurs et finalement aux professeurs et aux étudiants."

C'est au XXe siècle que l'horaire des vacances d'été se déplaça au début de l'été, justement. De la fin juin à la fin août.

Vous trouverez sur cet article du blogue, Aventures en Nouvelle-France, une comparaison récente des calendriers scolaires québécois et français.

En France

Dès 1231, le pape Grégoire II - l'école était moins laïque alors qu'elle ne l'est aujourd'hui - accordait des vacances scolaires pour les travaux agricoles. Ces vacances, qui ne devaient pas excéder un mois, portaient le nom bien significatif  de « vendanges ». Quelques siècles plus tard, en 1800, les seules vacances accordées commençaient le 5 août, pour se terminer le 20 septembre. Cette période de vacances correspondait alors toujours à celle pendant laquelle les parents agriculteurs avaient besoin de l’aide des enfants pour les vendanges et la moisson.

À lire, cet article sur le blogue de Mediapart, "Aux origines des vacances scolaires" où on peut découvrir l'histoire des modifications au calendrier des vacances scolaires françaises depuis près de deux siècles. On y apprend qu'en 1891, les vacances sont avancées au premier août; en 1912, elles seront déplacées de deux semaines, au 14 juillet et que finalement, en 1959, on les fera commencer au premier juillet et on les fera se terminer plus tôt, à la mi-septembre. Ce modèle ne subira guère de modifications supplémentaires. Mais l'auteur, Claude Lelièvre, avance une autre raison que les travaux des champs pour institutionnaliser les vacances : selon lui, c'est la noblesse qui aurait répandu cette habitude des vacances, puisque ses membres passaient l'hiver en ville et rejoignaient leurs villégiatures à la campagne pendant la belle saison. 

Le même auteur, Claude Lelièvre, vient d'ailleurs de publier (la semaine dernière) un article "Des vacances de deux semaines" portant sur le débat déclenché par l'annonce du ministre de l'éducation français de porter, éventuellement, les vacances de Toussaint à deux semaines. Les intérêts économiques et touristiques ne sont pas nécessairement en accord avec les besoins des enfants.

À lire aussi, cette "Petite histoire des grandes vacances". Toujours sur l'évolution du calendrier scolaire français.

Et bonnes vacances!

photo credit: Libertinus via photo pin cc

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné