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Syndicats de professeurs face aux TICE : entre inertie et clairvoyance

Les syndicats commencent tout juste à entrevoir un futur en TIC.

Par Denys Lamontagne , le 30 novembre -1 | Dernière mise à jour de l'article le 26 septembre 2012

«Pour avoir un avenir, le système éducatif doit s'appuyer sur le numérique pour miser sur les ressources humaines, lever les obstacles institutionnels et techniques, et inscrire l'utilisation de cet outil au service de l'acquisition des connaissances et compétences pour la réussite de tous.»

Construire le changement dans l’éducation
Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT

La tournée des sites des syndicats d’enseignants et de leurs fédérations permet de s’exposer pleinement aux préoccupations des syndicats de l’éducation.

Le coeur de ces préoccupations est et sera toujours la préservation des emplois, l’amélioration des conditions de travail et la préservation du rapport de forces. Un syndicat est créé par et pour les travailleurs et à ce titre fera rationnellement passer ces éléments avant tout autre.  Dans la mesure où ces éléments sont respectés, il est possible de négocier autre chose.

CompaTICbilité

Considérant que les TICs ont un caractère déstabilisant pour l’organisation du travail en éducation, depuis au moins 10 ans on a pu jouir d’un accord tacite entre les administrations et les syndicats. «On n’y touche pas, ou le moins possible» pourrait résumer le teneur de cet accord.

Mais à mesure que le système éducatif et administratif se familiarise avec les technologies et que les institutions développent leurs politiques «TICE», le statu-quo devient de moins en moins pertinent, autant pour les élèves et les professeurs que pour les administrations et les syndicats. L’accord commence à ressembler à la question : «Il faut faire quelque chose, mais quoi et comment ?»

Entre les craintes viscérales quant à l’avenir des emplois et celles issues de l’expérience quant aux efforts à fournir et les réels gains collectifs à attendre de l'utilisation des TICs en éducation, on commence à trouver matière à négociation. En gardant à l’esprit le respect des conditions de base, tout le reste peut faire l’objet de négociation : répartition des tâches, aménagement du temps de travail, des espaces, des horaires, des contenus, des méthodes.

Des étudiants capables

Le point le plus délicat n’est ni celui de la préservation des postes ou des conditions, mais plutôt celui du rapport de forces.  Si en automomisant les étudiants on rend ceux-ci capables de poursuivre leurs études même en cas de grève, le rapport de forces est alors rompu.

En supposant que les étudiants seront bientôt en mesure de le faire de toutes façons et que leurs attentes par rapport aux institutions sera justement de pouvoir le faire, les travailleurs et leurs syndicats n’ont d’autre choix que de réclamer plus de pouvoirs décisionnels au sein même des administrations puisque la grève ne sera bientôt plus un outil très efficace.

De plus en plus d’institutions se dotent d’une politique en matière de technologies mais les syndicats semblent à la traîne à cet égard.  Les considérations autour de l’équité au travail, du harcèlement, des débats autour de l’environnement, de la liberté académique, de l’intégration des handicapés, du caractère public, de l’évaluation des professeurs, de la qualité de l’enseignement, de la rémunération, de la gouvernance, viennent bien avant les questions autour de l’usage des TIC en éducation.

Et pourtant !

Sans prétendre avoir fouillé en détail les centaines de référence que l’on peut trouver sur les sites syndicaux, la réflexion sur les TICE semble bien peu mobilisatrice et généralement absente.  Étonnamment, l’environnement est un sujet bien plus populaire !

Les TICE ont pourtant ce pouvoir de remettre en question à peu près tous les autres éléments à différents degrés : évaluation, intégration, gouvernance, qualité, etc.

Il y a bien le document «Construire le changement dans l’éducation», du Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT (.pdf), au point 20 (ce n’est pas une priorité), où on trouve une réflexion articulée et des points de négociations clairs qui ne demandent qu’à être discutés, mais en dehors de quelques communiqués, le sujet est généralement absent de la plupart des sites.

Comme les TICE sont un sujet majeur en éducation dans à peu près tous les congrès, tous les ministères et dans tous les pays, il est plus que temps que les syndicats commencent à s’en préoccuper et développent une stratégie qui n’en soit pas une de résistance ou de déni mais plutôt d’ouverture et d’invitation à l’action.

Sites des principaux syndicats de l'éducation

  • CSEN - Confédération syndicale de l’éducation nationale
    • SNLC - Syndicat national des Lycées et Collèges
  • FSU
    • SNEQ - Syndicat National des Enseignements de Second degré
    • SNESUP - Syndicat National de l'Enseignement Supérieur
  • FAEN - Fédération autonome de l'Éducation nationale
  • SGEN - Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT
  • Sud éducation
  • FERC - Fédération de l'éducation de la recherche et de la culture CGT
  • FNECFP - Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO

 

  • FNEEQ - Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec
  • FQPPU - Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université
  • FEEQ - Fédération des enseignantes et enseignants du Québec
  • SPEQ - Syndicat des professeurs de l'État du Québec

 

  • SNES - Syndicat National de l'Enseignement Supérieur du Maroc

 

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