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Enseignement présentiel et Education non formelle : pour la qualité de l’enseignement en Afrique

Par Louis-Martin Essono , le 26 mai 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Les rapports sur l’éducation en Afrique deviennent de plus en plus inquiétants. Tous les pays du Continent, décimés par le sida, subissent une autre très grave crise que représente l’ignorance. L’alerte est si grave que, à Madagascar par exemple, on signale que 41% de la population, soit 4 millions, sont proprement analphabètes.

Le plus douloureux, c’est que les pays africains sont débordés par ces analphabètes qui sont pour eux

le fer de lance de la Nation

puisque ces ignorants sont essentiellement des jeunes. Et nous avons 36 fois montré combien les infrastructures sont devenues obsolètes, combien grande est la pénurie des enseignants, combien douloureux est le niveau des parents devant assumer leurs responsabilités pour envoyer leurs enfants aller lier le bois au bois.

La voie la plus royale aujourd’hui reste encore l’école. Qui a autorité. Qui est institution crédible. Qui a fait ses preuves. Mais l’école présentielle, bien que très utile encore, bien qu’encore très désirée partout en Afrique, semble essoufflée. Elle est loin. Elle est chère. Elle est inadaptée. Si elle ferme les prisons ailleurs, elle fabrique les chômeurs ici. Mais il faut aller à l’école. A bonne école et à la bonne école. L’apprentissage libre est inconnu ou méconnu. L’éducation non formelle est rare et désavouée. Ou détournée. Elle sera peut-être, demain la solution.

Comme le pensent les Six ministres de la sous-région de l’Afrique occidentale et une centaine de spécialistes de l’éducation : ces responsables éducatifs se sont réunis pour aborder un certain nombre de questions au profit de l’éducation pour tous en Afrique. Pour dégager des concepts relatifs au formel, au non-formel aux approches alternatives et aux relations entre ces différents systèmes en vue de favoriser un système d’éducation diversifié et renforcé.

La tâche visait aussi à définir la base d’une nouvelle conception de systèmes éducatifs dynamiques capables de s’adapter aux besoins et aux changements, d’identifier les facteurs et de déterminer les conditions nécessaires pour le développement des politiques de planification et la mise en oeuvre de ces systèmes. Pour l’ ADEA qui a initié la rencontre, il faut d’apporter une contribution à la promotion de l’éducation non formelle comme cela se réalise déjà au Burkina.

Ce pays a initié des innovations éducatives majeures parmi lesquelles, les écoles satellites et les écoles bilingues pour les enfants en âge scolaire, les centres d’éducation de base non-formelle destinés à accueillir des adolescents analphabètes ou précocement déscolarisés âgés de 12 à 15 ans. Il y a également les centres d’apprentissage du français fondamental et fonctionnel conçus pour les apprenants alphabétisés dans les langues nationales.

L’ADEA comporte un Groupe de Travail sur l’Education Non Formelle, le GTENF dont l’objectif est de promouvoir des concepts et des stratégies permettant aux décideurs de relever le défi d’une éducation de base de qualité pour tous, ceci à travers le renforcement de l’offre alternative d’éducation pour les jeunes gens non scolarisés, les enfants vivant de la rue, les adultes analphabètes et tous les groupes défavorisés. Il vise à renforcer la visibilité et la prise en compte du système éducatif non-formel à travers des activités de plaidoyer.

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