Articles

Un téléphone pour téléphoner... et beaucoup plus

Quatre types d'utilisation qui témoignent du potentiel du téléphone portable pour le développement en Afrique.

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 30 septembre 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 01 octobre 2012

Depuis quelques temps, nous rendons compte ici même des utilisations innovantes du téléphone portable en Afrique ; lesquelles utilisations sont rendues possibles grâce à la relative accessibilité de cet outil dans un contexte de faible pénétration d'Internet. Nous en reparlons à la faveur de la réalisation par la Deutsche Welle d'un dossier en trois parties consacré à la thématique.

La Deutsche Welle, faut-il le rappeler, est elle-même une actrice des usages "détournés" du téléphone portable en ce qu'elle expérimente la diffusion des contenus éducatifs via le mobile en Afrique. Le dossier qu'elle vient de réaliser met en lumière trois usages répertoriés au Ghana, en Ouganda et au Kenya. On y ajoutera un quatrième, hors-dossier qui touche au secteur de la santé.

Economie et développement

Les principaux usages documentés par la Deutsche Welle dans son dossier se situent dans le domaine de l'économie et du développement. Au Ghana, où la criminalité est devenue un phénomène inquiétant dans les grandes villes, une équipe a mis en place un système d'alerte via le SMS. Hei Julor (pour Hey voleur) est le nom de système qui permet par d'un simple SMS de déclencher simultanément une série de quatre actions : requérir l'aide d'une compagnie de sécurité privée, alerter instantanément une dizaine de voisins, d'amis et même de parents à l'étranger, envoyer à une station radio un message d'urgence, recourir à l'intervention de la police.

En Ouganda, où le prix de l'essence varie d'une station à une autre, une application du nom de Mafuta Go installée sur les téléphones portables permet aux automobilistes de trouver l'essence la moins chère à Kampala. A cette application est associée aussi un service d'envoi de SMS à tarif réduit pour le même but. Elle permet enfin en cas de pénurie d'identifier les stations qui ont de l'essence en réserve.

Enfin, l'usage répertorié au Kenya est celui du porte-monnaie électronique M-Pesa, initiée par l'opérateur téléphonique Safaricom. Cette application permet non seulement d'envoyer et de recevoir de l'argent, mais sert aussi d'alternative au compte en banque, dans un pays où le réseau bancaire est peu développé. Certaines entreprises se basent désormais sur M-Pesa pour proposer d'autres services ; une start-up propose ainsi aux écoles et aux parents d'élèves de les informer quand il faut payer les frais de scolarité et s'il y a des retards.

Ces usages qui datent pour certains de longue date peuvent être retrouvés dans d'autres pays africains à l'exemple du porte-monnaie électronique connu au Burkina Faso grâce à Inovapay et remis récemment au goût du jour par l'opérateur téléphonique Airtel sous le nom M'Ligidi.

Santé

Ces services n'ont donc pas une prétention de singularité dans leur domaine. Aussi faut-il préciser que certains usages ont une vocation continentale. Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé, dont se fait l'écho la Deutsche Welle dans l'une de ses émissions Santé, plus de 40 pays africains disposeraient d'au moins un programme de téléphonie mobile au service de la santé.

Dans cette émission intitulée "Des SMS pour soigner", il est question de l'intégration des SMS aux systèmes de santé dans les pays en voie de développement pour améliorer les soins de santé et pour atteindre les populations vivant dans des zones reculées. Ce travail mené par l'ONG Alliance Mobile Health touche beaucoup de pays dont le Kenya où le projet Health Text permet aux habitants des bidonvilles de recevoir des conseils de santé via leurs téléphones portables.

De cette recension, on tretiendra que le téléphone portable présente un fort potentiel pour le développement en Afrique où selon les prévisions 735 millions de personnes posséderont cet outil d'ici la fin 2012. Chacune de ces utilisations innovantes du téléphone portable mérite d'être bien documentée en vue d'une capitalisation des connaissances et d'une dissémination à une plus grande échelle. Ce qui n'empêche de poursuivre les expérimentations dans les contextes éducatifs africains où le téléphone portable apparaît toujours comme une source de distraction.

Usages innovants du téléphone portable - Dossier de la Deutsche Welle :

1ère partie : un simple SMS pour se protéger des cambrioleurs.

2ème partie : À Kampala, une "app" pour trouver l'essence moins chère.

3ème partie : M-Pesa, quand le portable se transforme en porte-monnaie.

photo : kiwanja via photopin cc

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné