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"Mon poussin, tu fais une partie de Mario Bros avec moi ?"

Les jeux vidéos figurent parmi les pratiques partagées préférées des parents et des enfants.

Par Christine Vaufrey , le 22 octobre 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 21 novembre 2012

Mine de rien, les amateurs de jeux vidéos n'ont pas tous 15 ans. Déjà, en 2010, Alexandre Roberge rendait compte d'une étude montrant que la population des joueurs se féminisait rapidement, notamment grâce à la présence de jeux sur les principaux réseaux sociaux. Et le quotidien La Croix rappelle dans un article publié en février 2012 que l'âge moyen des joueurs est de 30 ans. A 30 ans, il arrive qu'on ait des enfants, et même des enfants qui parlent, qui vont à l'école, et qui savent utiliser un ordinateur ou une tablette. Alors, les parents joueurs se cachent-ils de leurs enfants pour assouvir leur passion ?

Partager son goût des jeux vidéos avec ses enfants

 

Pas du tout. Environ la moitié des enfants adeptes des jeux vidéos disent qu'ils jouent au moins de temps en temps avec leurs parents, toujours selon l'article de La Croix cité plus haut. Dans un article de septembre 2012, l'hebdomadaire Le Point en rajoute une couche en titrant carrément "Mon père, ce héros... des jeux vidéos". L'article cite un sondage réalisé aux Etats-Unis qui montre que plus de 70 % des papas interrogés estiment que jouer aux jeux vidéos avec leurs enfants permet de développer une complicité avec ceux-ci, garçons et filles. Le phénomène n'est pas exclusivement américain; en Europe aussi, les parents jouent avec leurs enfants sur console ou ordinateur.

Pourquoi devraient-ils se priver de ce plaisir ? Certes, il reste intéressant, important même, de taper une bonne partie de foot avec son fiston ou de préparer un gâteau au chocolat pour l'anniversaire de maman en y impliquant toute une ribambelle de mouflets âgés de 3 à 12 ans. Mais les parents vont aussi sur les terrains de prédilection de leurs enfants pour passer de bons moments avec eux. Et si les jeunes aiment les jeux vidéos, alors on va jouer aux jeux vidéos. D'autant plus que l'exercice n'a rien de stupide. Pas plus, en tout cas, que d'inonder le garage (quand ce n'est pas le salon !) en faisant une bataille de bouteilles d'eau avec sa progéniture. L'essentiel, c'est de s'amuser ensemble. Yann Leroux, psy et geek comme il se présente lui-même, rappelle l'importance cruciale du jeu dans le développement de l'enfant. Il y a mille-et-une manière de jouer, et le jeu vidéo trouve sa place dans la palette mise à disposition des enfants, des adolescents et des adultes. Car deux à trois générations sont désormais concernées par le goût pour les jeux vidéos, comme en témoignent par exemple les tournois parents-enfants organisés autour des jeux vidéo rétros, tels que Pong, Pacman et autres Mario (toujours lui, increvable). 

Condamner les jeux vidéos, c'est aussi condamner les joueurs...

 

Les discours qui soulignent les bénéfices des jeux vidéos en famille peinent pourtant à prendre le dessus sur ceux qui reflètent les inquiétudes des parents devant des pratiques estimées excessives. La violence de certains jeux, leur caractère addictif, le développement de relations en ligne avec des individus dont on ignore tout dans les jeux massivement multi-joueurs... autant de sujets de préoccupations des parents, qui se sentent persona non grata dans ces univers virtuels ludiques. Il semble essentiel, autant en matière de jeux vidéos que de pratiques festives ou de comportements extrêmes, de ne pas laisser le jeune s'enfermer dans un univers qui peut être dangereusement fascinant. Ce qui ne signifie pas rejeter les jeux en masse, le jeune joueur pouvant alors interpréter cela comme un rejet de lui-même. A l'inverse, si vous voyez votre enfant enthousiasmé par certains jeux, demandez-lui de vous en parler. Vous serez étonné de sa connaissance fine des mécanismes de jeu, et souvent surpris du recul qu'il prend par rapport à l'intrigue et aux actes que son avatar est conduit à réaliser dans la partie. Peut-être cela vous donnera t-il envie d'essayer ? Car rien n'est pire que de condamner sans savoir...

Sources :

Mon père, ce héros... de jeux vidéos. Louise Cuneo, Le Point, 10 septembre 2012

Faut-il avoir (encore) peur des jeux vidéo ? Marie Auffret-Pericone, La Croix, 14 février 2012.

Yann Leroux : "Les parents doivent parler des jeux vidéo avec leurs enfants". Blog Parents 3.0, 4 avril 2012.

Vous vous demandez si votre goût pour les jeux vidéo est bien normal ? Consultez sans hésiter le blog de Yann Leroux, psyetgeek.com 

Vous vous posez des questions sur les jeux préférés de vos enfants ? Courez sur pedagojeux.fr, des centaines de jeux ont été testés depuis 2008 !

photo : clevercupcakes via photopin cc

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