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Les robots sociaux, des pires aux plutôt bons

Le chien perdra-t-il un jour son titre de meilleur ami de l'homme? Fido peut dormir sur ses deux grandes oreilles pendant un petit moment encore...

Par Charles Brisson , le 04 décembre 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 16 janvier 2013

Les robots sociaux, vous connaissez ? Selon le site La Recherche (du magazine du même nom), un robot social ou "robot socialement situé, est un robot autonome capable d'évoluer et prévu pour fonctionner quelles que soient ses fonctions au sein d'environnements socialisés". Un robot capable donc, de fonctionner dans un environnement humain, conçu, contrôlé et habité par des humains. Et par là, il faut comprendre un robot qui peut interagir avec les humains. Le numéro spécial de La Recherche s'intitulant "Les nouveaux robots" fut publié... en janvier 2002.

Est-ce que la définition du robot social a changé, beaucoup, un peu ou pas du tout, depuis 10 ans ? Ou même depuis 1966, date à laquelle apparut le premier robot social, sous forme d'un programme. Eliza, ce programme qui "imitait" les questions d'un psychiatre avec un patient, l'interlocuteur au clavier, fut en effet écrit par Joseph Weizenbaum (1923-2008), un éminent professeur d'informatique du réputé MIT, entre 1964 et 1966. Weizenbaum n'avait aucunement l'ambition de créer un robot social, il qualifiait lui-même les questions générées par Eliza de parodie des propos d'un psychothérapeute rogérien.

Le fait que plusieurs personnes se laissaient 'leurrer" par son programme l'amena à pousser plus loin l'étude de l'intelligence artificielle et en devenir plutôt critique. Son livre "Puissance de l'ordinateur et raison de l'homme" publié en 1976 est un résumé de sa critique des sciences informatiques.

Quelques exemples actuels, des pires aux plutôt bons

L'évolution d'Internet, l'apparition et la popularité grandissante des réseaux sociaux, a conduit à créer quelques formes malveillantes de robots sociaux. Ce sont ceux-là, vraiment, qu'on appelle les socialbots en anglais. Disponibles sur Internet pour quelques dollars, ces petits programmes permettent, sitôt connectés à un utilisateur de Facebook, de suivre son activité sociale en ligne. D'obtenir des informations telles que le nom, l'adresse courriel, parfois même un numéro de téléphone, souvent une date de naissance, peut-être le nom du conjoint et des enfants, des parents (ainsi que les dates de naissance de tous ces gens), de l'animal de la famille, etc. se fait rapidement. Certaines de ces informations sont utilisées pour accéder à et modifier des comptes courriel, des sites bancaires ou transactionnels. 

J'exagère ? Des chercheurs canadiens ont démontré qu'un robot social pouvait aisément infiltrer des comptes Facebook : Des chercheurs canadiens mettent au jour des vulnérabilités de Facebook

Si on se penche plutôt, enfin, sur de meilleurs exemples de développement et d'utilisation de robots sociaux, on peut regarder la liste Top 10 des robots sociaux sur Knowtex, par Jade Le Maître. Madame le Maître a écrit une thèse de doctorat dont le sujet était le traitement du signal social appliqué à la robotique d’assistance aux personnes âgées.

De cette liste, j'attire votre attention sur deux modèles : NAO dont parle notre rédactrice en chef dans Nao, la star des facs et Paro. 

Des blanchons robotisés au Québec

Le numéro deux de la liste de Jade Le Maître, Paro, me paraissait familier. Avec raison, puisque l'histoire de l'acquisition de deux de ces bébés phoques robotisés par des CHLSD (Centre d'hébergement de soins de longue durée) du Québec avait fait la une des journaux du Québec entre deux articles sur la grève étudiante le printemps dernier. À 6 000$ pièce, les phoques électroniques avaient soulevé de grandes réactions, de l'indignation de l'opposition en chambre parlementaire, de la moquerie des médias à l'ire des pêcheurs de blanchons des Iles-de-la-Madeleine

Les robots sociaux sont ici pour rester. L'évolution technologique devrait leur permettre d'acquérir éventuellement ces défauts qui nous les rendrait aussi attachants que nos imparfaits animaux domestiques. Peut-être.

 

photo : Le robot Paro, par tsukubajin via photopin cc

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