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Forte croissance du marché du e-learning en Afrique

Le marché du e-learning est encore très méconnu des investisseurs potentiels mais devrait susciter leur attention pour peu qu'on s'intéresse aux revenus engrangés jusque-là et à ceux escomptés d'ici 2016

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 03 février 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 06 mars 2013

Un rapport de 68 pages élaboré en janvier dernier par Sam S. Adkins pour le compte du groupe de recherche prospective Ambient Insight livre des informations précieuses sur le marché du e-learning en Afrique. Un marché encore très méconnu des investisseurs potentiels mais qui devrait susciter leur attention pour peu qu'on s'intéresse aux revenus engrangés jusque-là et à ceux escomptés d'ici 2016.

Nous présentons ci-dessous quelques résultats majeurs de ce rapport dont seul le résumé est en libre accès.

Ce que l'on sait plus ou moins

 

Le rapport en question part des données de 2011 pour établir des prédictions sur 5 ans. On sait déjà, et ce rapport le rappelle, qu'en Afrique il y a une forte demande d'enseignement supérieur à laquelle ne peuvent répondre ni les offres de formation actuelles ni les infrastructures existantes. D'où la nécessité de virtualiser l'enseignement universitaire, option prise par des institutions publiques dans plusieurs pays avec le soutien de partenaires financiers et techniques bilatéraux ou multilatéraux.

Tout ceci se déroule dans un contexte favorable. Au plan juridique, la plupart des pays africains se sont dotés de législations sur le numérique qui encadrent de fait l'usage des technologies en éducation. D'un point de vue technologique, l'arrivée de la fibre optique a pour effet d'améliorer la connectivité, de susciter une concurrence entre les opérateurs et d'entraîner à terme une baisse des prix, et enfin, d'encourager une adoption massive des technologies numériques, y compris les mobiles. Le contexte se prête donc au développement du e-learning mais celui-ci se porte déjà bien et se portera encore mieux d'ici 2016.

Ce que l'on ne sait pas

 

Selon le rapport, le taux de croissance des offres en e-learning en Afrique est de 15,2% sur un an, pour un revenu atteignant 250.9 millions de dollars américains en 2011. Ce revenu va plus que doubler sur cinq ans selon les prévisions globales, passant à 512,7 millions de dollars américains.

Plus spécifiquement, le Sénégal, l'un des pays de l'échantillon, a connu un taux de croissance en e-learning de l'ordre de 30,4%, le plus élevé en Afrique. Ce pays est  suivi par la Zambie, le Zimbabwe et le Kenya avec respectivement un taux de 27,9%, 25,1% et 24,9%. Dans quatre pays sur les 16 considérés par le rapport, les revenus issus du e-learning vont même tripler.

Le rapport en vient à conclure que les paramètres de l'offre et de la demande en e-learning en Afrique évoluent si vite que l'environnement concurrentiel tel que décrit deux ans plus tôt est désuet. D'une manière générale, toute étude de marché ou analyse tendancielle sur l'adoption du e-learning en Afrique tombe en désuétude au bout de deux ans.

Ce qu'il faut retenir

 

Certains problèmes structurels demeurent; notamment l'accès à une source d'énergie électrique fiable, ce à quoi l'on tente de remédier par des dispositifs photovoltaïques. Quoi qu'il en soit, le secteur du e-learning en Afrique est d'une bonne rentabilité financière. Certaines institutions africaines comme 2iE (Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement) au Burkina Faso et Unisa (University Of South Africa) qui exploitent depuis un moment ce filon peuvent en témoigner.

En plus d'être rentable, générateur de revenus et d'emplois, ce secteur est aussi prometteur. A titre d'exemple, il y a en Afrique une demande d'apprentissage de langues en ligne (l'anglais et le français des affaires en l'occurrence) non satisfaite par les milieux académiques parce que non tournés vers le monde professionnel. Mieux, la réponse à cette demande nécessite le développement de contenus en ligne en langues nationales. Encore une brèche dans laquelle pourront s'engouffrer les fournisseurs de e-learning. Bref, il y a encore énomément de place sur le marché du e-learning en termes de produits et services à proposer.

Télécharger le résumé du rapport :

Adkins, S. (2013) The Africa Market for Self-paced eLearning Products and Services: 2011-2016 Forecast and Analysis Monroe WA: Ambient Insight (pdf. )

 

photo : jacilluch via photopin cc

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